Chapitre XIX

            Dreic et Pod emboitèrent le pas de Vig Valèr, technicien de classe deux, habillé d'une blouse blanche typique d’un rat de laboratoire. Ils le suivaient,  dans l’un des nombreux couloirs que comptait l’aile scientifique de la CorSec.

            Le trio déboucha dans une petite pièce exigüe comportant deux tables quelques chaises et une petite fenêtre ronde qui laissait filtrer quelques rayons de soleil matinal.                                                                     Ils s'assirent et Vig ouvrit la discussion.

- Rappelez-moi la raison pour laquelle vous souhaitez que je retrouve ce dossier ?

- Au cours de mon enquête j'ai observé quelques irrégularités sur des accidents de speeder et, par conséquent, j'aurai voulu l'avis d'un expert sur le cas THX-1138.

- Très bien, fit-il en appuyant sur un bouton dissimulé sous la table.

            Un écran holo apparut et rapidement des données défilèrent.

- Comme vous l'avez peut être lu, il s'agit d'un banal accident, le rapport a conclu à un court circuit au niveau des régulateurs magnétiques avants. Cet incident a provoqué un incendie qui s'est propagé à l'ensemble du véhicule, entrainant le crash.

- Oui, je m'en souviens, mais je voulais savoir si vous aviez une holo-séquence plus longue de cet accident? Peut-être un autre angle de vue ?

- Non, je n'ai pu récupérer que ce que vous avez vu.

- Pourquoi cela ? s'enquit Dreic.

- C'est tout ce que j'ai trouvé sur les holocams de la ville à ce moment précis.

- Et la carcasse du véhicule, est-il possible de la voir ?

- Je vous trouve bien curieux pour un simple accident, vous allez si loin pour chaque cas ? fit Valèr visiblement agacé par la série de questions.

            Le jeune fugitif fut surpris par cette objection, il réalisa qu'il était bien trop tatillon pour une simple enquête. Il chercha une parade pour rester cohérent et éviter d’éveiller les soupçons.

- Et bien, oui, uniquement lorsque certains cas ne sont pas clairs. Ici, le rapport est assez parcellaire, donc je me renseigne.

- Cette affaire n'est pas parcellaire, rétorqua Vig, visiblement vexé par cette remarque. Il n'y avait que très peu d'informations, et mes compétences sont bien plus utiles sur des cas sérieux, pas sur un simple accident lié à une défaillance électronique.

            Le technicien se leva passablement énervé, éteignit l'ordinateur et se dirigea vers la sortie.

- Cette visite est terminée, déclara-t-il en ouvrant la porte.

- Et pour la carcasse du speeder ? Vous en avez fait quoi ? demanda Dreic en guise de baroud d'honneur.

- Détruite.

- Est-ce normal ?

- C'est la procédure, maintenant partez, j'ai du travail.

            Les faux journalistes ne purent faire autrement que d'obéir à l'injonction et partirent prestement du bâtiment de la CorSec. Ils repartirent bredouille, et Dreic sentit sa tâche encore plus lourde sur ses épaules.

***

            Deux heures plus tard, Vig Valèr s'était isolé dans le vestiaire destiné aux employés. La visite de ce pseudo-pigiste l'avait pris au dépourvu. Il ne s'était pas préparé à ça, et désormais, il s'en voulait de son attitude. Il prit un moment pour réfléchir à sa prochaine action devant une tasse de caf encore fumante.

            Après avoir longuement hésité entre l'inertie et l'initiative, il décida de saisir son comlink personnel et composa un numéro, en espérant qu'il soit toujours actif. Suite à une longue attente bercée par une alternance de grésillements et de bruits blancs, quelqu'un décrocha.

- Oui, c'est Vig Valèr, le technicien de laboratoire de la CorSec, je vous dérange pour une vieille affaire.

- Attendez une minute, répondit une voix masculine. Allez-y, je vous écoute.

- Est-ce que vous vous rappelez du crash de Starline Avenue?

- Oui, continuez.

-  Un journaliste du nom d’Isaac Kadick a posé des questions sur ce sujet, il m'a semblé très curieux, comme convenu je tenais à vous en informer.

- Attendez une minute, répéta la voix. Bien, faites moi un rapport complet sur ce journaliste.

- Euh, j'imagine que ce travail sera payé ...? demanda Valèr d'un ton chancelant.

- Ca dépendra de votre rapport. Je l'attends dans trois heures.