Star Wars Vendetta Fan Fiction

Le mot de l'auteur

Salut à tous et à toutes, peuple de la Galaxie!

Etant un grand fan de Star Wars, j'ai décidé de me jeter à l'eau, et d'écrire ma propre fan fiction.

Cependant, je tiens à préciser que ceci est une création, une œuvre originale.

C'est une fan-fiction créée pour le plaisir par un grand fan pour des 

fans et n’a pas pour but de concurrencer ou de faire du tort à tout ce qui se rapporte à l’univers STARWARS (films, séries, produits dérivés…). 

STARWARS ne m'appartient pas et est une marque de LucasFilm Ltd et Walt Disney Pictures. All Rights Reserved. Tous droits réservés. 

Interdiction de copier, même partiellement, de distribuer, ou de publier cette réalisation sans l’accord de l'auteur. Merci.

Pour vous lancer pleinement dans l'aventure voici une très jolie intro vidéo :

 

Et pour agrémenter votre lecture voici la première partie de la bande-son de la fanfic, spécialement selectionnée par mes soins. Bonne écoute et bonne lecture :

 

 

Les publications se feront le dimanche aux alentour de 20h, 20h 30. Les deux premiers chapitres seront publiés en entier, puis le rythme sera d'un demi-chapitre par semaine. 

Les chapitres seront disponibles sur la page d'accueil, mais aussi dans la barre à gauche ( onglet page )

Dans la mesure du possible il y aura des illustrations faites par une illustratrice ou des amis, soit un montage photo fait par mes soins. ( sachant que je ne suis pas un pro du montage photo donc soyez tolérant s'il vous plaît )

Vous avez sur la barre de gauche les liens vers la page facebook, vers l'introduction vidéo de cette fan-fic, ainsi que d'autres choses utiles qui apparaitront au fur et à mesure que le blog évolue. 

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 Sur ce bonne lecture :)

 

 

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La couverture

couverture star wars vendetta

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24 décembre 2013

Premier Chapitre

 

Star Wars

 Vendetta

 

 

 

 

An 5 avant la Bataille de Yavin

 

CHAPITRE I

 

            Depuis dix minutes, le cadet Dreic Lobora surveillait ses instruments avec attention. A bord de son chasseur Tie, il guettait le moindre signal. Son escadrille et lui avaient une mission on ne peut plus claire : trouver et neutraliser le Poussière de Diamant, un transport de fret de classe Mark III.

            Les douze Tie composant l'escadrille complète s'étaient divisés en trois vols et quadrillaient un large secteur autour de la planète minière glaciale Allyuen.

            Les secondes s'égrenaient trop lentement au goût de Dreic. Il regardait avec lassitude à travers la verrière de son cockpit les poignées de cargos qui allaient et venaient autour du globe verdâtre striés de blanc pâle. L'ennui le gagnant, il ouvrit un canal privé avec son ami Evik Oumar.

- Pff c'est long ! Qu'est ce qu'il attend ce transport ? soupira-t-il

- Ouais, ça commence à faire, mais je pense que c'est pour tester notre capacité à rester concentrer même quand il ne se passe rien .

- Tu as sans doute raison... mais bon, j'espère qu'on va pas y passer toute la journée !

- T'inquiète pas, allez continuons, finit-il.

            Dreic lança un "Hourra" ironique, puis il coupa la communication et poursuivit ses scans.

            Depuis qu'il avait rencontré Evik à son entrée à l'académie impériale de Corulag, Dreic avait remarqué qu'il possédait une autorité naturelle et un bon sens tactique. Rien d'étonnant qu'Oumar, alias gris 6, dirigeait aujourd'hui le vol 2 dans lequel le cadet Lobora, alias gris 5, opérait.

            Le temps passa et toujours rien, Dreic laissa trainer son regard vers l'espace constellé d'étoiles, entrainant avec lui des pensées d'explorations exotiques. Tout à coup l'intercom grésilla, le tirant de sa brève rêverie.

- Ici gris 3, cible repérée à 2-6-0-7, je répète : cible repérée à 2-6-0-7.

- Ici leader gris, gardez vos formations. vols  1, 2 et 3 rejoignez les coordonnées indiquées, mais attendez mon ordre pour la prochaine action, compris ?

            Leader gris reçut en quelques secondes une flopée d'accusée de réception. "C'est parti " pensa Dreic. Il poussa les turbines ioniques de son appareil et fila au point de rendez-vous, accompagné par le bourdonnement strident du moteur de plus en plus présent. 

            Le Poussière de Diamant grossissait à vue d'œil. Il s'agissait d'un transporteur somme toute classique. Long de trois cents mètres, sa forme rectangulaire s'évasait de plus en plus en remontant vers la poupe. Malgré sa masse imposante, il ne disposait que d'un unique canon laser monté en tourelle. Bien que cet armement soit suffisamment puissant pour détruire un Tie, un seul canon ne représentait pas de menace réelle, sauf si le pilote était un novice et l'artilleur, un génie de la gâchette.

            L'intercom grésilla de nouveau.

- Poussière de Diamant, ici l'enseigne Jeo Haldeman, veuillez, au nom de l'Empire et en vertu du code spatial imperial, article 19 alinéa 52, couper vos moteurs.

            Un silence radio s'ensuivit. Le transport  ne semblait pas réagir aux injonctions de leader gris et continuait sa route pour s'extirper de l'orbite basse d'Allyuen.

- Poussière de Diamant je répète : ici l'enseigne Jeo Haldeman , veuillez, au nom de l'Empire et en vertu du code spatial imperial , article 19 alinéa 52, couper vos moteurs, ou nous devrons utiliser la force pour vous stopper.

            Une nouvelle réponse muette eut lieu. Leader gris passa sur le canal de l'escadrille.

- Bien, nous passons à l'offensive, l'objectif est de neutraliser les défenses et les moteurs en faisant un minimum de dégât à la cible. Nous devons l'empêcher de passer en hyperespace et l'immobiliser pour que nos forces puissent l'arraisonner. Gardez la formation et suivez le protocole d'attaque M1.

            L'escadrille répondit par l'affirmative.

            La manœuvre 1 dite M1, était une tactique d'assaut standard, lorsque des chasseurs impériaux assaillaient un vaisseau beaucoup plus volumineux. Cette manœuvre consistait à faire de nombreux passages éclairs  sur la cible en la mitraillant. Chaque passage devait s'effectuer selon un vecteur d'approche différent pour que les canonniers et autres systèmes défensifs ne puissent anticiper les trajectoires des Tie.  

            La formation impériale se sépara et leader gris assigna à chaque vol un angle d'attaque. Le vol 1 attaquerait par bâbord, le vol 2 par tribord et le vol 3 par la poupe .

            Dreic et son groupe de Tie dessinaient dans l'espace un losange mortel qui filait à pleine vitesse sur leur proie quand soudain, des petites lueurs rouges éclairèrent la coque du Poussière de Diamant. Une ou deux secondes plus tard, une pluie de laser s'abattit sur le vol 2.

            Malgré le surprenant barrage de tirs, Dreic ne fut qu'à demi-étonné et esquiva les rares traits énergétiques qui pouvaient l'inquiéter. Il lança la batterie de senseurs pour en savoir plus sur la puissance de feu dont faisait preuve le cargo. L'instant d'après, les informations défilèrent sur son moniteur. La cible possédait non pas un, mais une douzaine de canons laser. La communication s'activa.

- Ici leader gris rapport des dégâts. Quelqu'un a été touché?

- Leader gris, ici gris 8, j'ai une avarie au panneau solaire droit et une perte d'énergie de 20%, mais je devrais pouvoir continuer l'assaut.

- Compris gris 8, bien on se concentr...

- Leader gris, ici gris 7, j'ai de nouvelles informations : la cible libère des chasseurs. J'en compte huit... non dix ! Mon ordinateur me dit qu'il s'agit de Z-95 Headhunter! s'exclama-t-il.

- Ca se complique, attention aux chasseurs et gardez la formation...

            Puis  l'enseigne Haldeman se tut pour fixer son attention sur le combat. Dreic et le vol 2 arrivèrent à portée de tir du transport, mais trois Z-95 vinrent à leur rencontre, canons laser en action. Le cadet Lobora fit jouer avec dextérité la paire de manettes fixée sur son manche à balai pour faire louvoyer son Tie. Les deux escouades de chasseurs se croisèrent en trombe, striant l'espace d'éclairs pourpres et verts. Nul doute que les Z-95 feraient vite demi-tour pour continuer l'engagement. Dreic vit le transport qui grossissait à vue d'œil, il libéra les kilos joules d'énergie sur les armes de ce dernier. Le reste du vol 2 fit de même.

            Tandis que le Poussière de Diamant laissait échapper de brèves explosions et de minces volutes de fumée disparates tout autour de sa coque, leader gris redonna des ordres.

- Vol 1 et 3 engagez les chasseurs, le vol 2 vous vous occupez du cargo !

            Dreic appuya sur une touche pour faire apparaitre sur son écran tactique la situation. Une vision schématique de la bataille s'anima. Il y avait un rectangle et dix petits triangles orange représentant les ennemis et onze croix bleues pour l'escadrille. "Onze" remarqua t-il, "quelqu'un a déjà été descendu".  

            Suite aux ordres aboyés par Haldeman, il ne put s'empêcher de penser que la tactique choisie n'était pas la meilleure. Bien qu'ils ne soient pas nés de la dernière conception, les Z-95 étaient redoutables pour les Tie, car ils possédaient des boucliers déflecteurs, des missiles et une plus grande résistance. Les seuls avantages des engins impériaux résidaient dans leur très grande maniabilité et leur vitesse. Pour ces raisons, affronter en infériorité numérique des appareils aussi dangereux, mettait en péril toute l'escadrille et la mission. "Il aurait fallu que tous les Tie s'attaquent aux Z-95 "estima-t-il.

            Malgré sa désapprobation, il se focalisa sur son pilotage. Il chercha du regard ses camarades par delà son hublot sphérique.  

- Evik, tu es où ?

- Derrière toi. Vol 2 on se sépare, nous volerons en binôme : gris 7 avec gris 8 et  gris 5 avec moi. On continue la M1 du mieux possible ! Exécution !

            Les trois pilotes acquiescèrent à l'unisson. Lobora et Oumar entamèrent une large boucle et foncèrent en direction de la poupe du Poussière de Diamant . Selon les scans, il restait encore quatre canons laser actifs. Ils eurent, très vite confirmation de cette information et évitèrent  facilement les tirs adverses. A portée optimale, ils lâchèrent des bordées de laser avec une précision chirurgicale et dépassèrent le cargo . Leurs feux avaient fait mouche. Alors qu'ils amorçaient un autre demi-tour pour un nouvel assaut, l'alarme de verrouillage retentit dans le cockpit de Dreic. Un Headhunter devait le poursuivre car un missile venait d'être expédié. Gardant son sang-froid, il consulta son moniteur pour savoir le temps qu'il lui restait avant que le projectile meurtrier ne fasse son œuvre. Moins de vingt secondes avant l'impact. C'était court. Impossible de demander de l'aide avec si peu de temps.

           Dreic décida de pousser les moteurs ioniques à fond et se dirigea vers le transport Mark III par tribord. Il prit une trajectoire de collision avec le navire et maintint sa vitesse. Le missile était à moins de cinq secondes quand il redressa les commandes relevant ainsi son Tie en passant en rase-motte au-dessus de la coque du navire. Trois secondes plus tard, il sentit le souffle de l'explosion secouer son appareil. Son esquive avait réussit. Le missile s'était écrasé quelque part sur le Poussière de Diamant. A peine eut-il le temps de savourer sa survie que des rayons rouges le frôlèrent, accompagnés du tintamarre des alarmes de verrouillages. Le Z-95, bien qu'étant à une longue distance de sa proie et ayant peu de chances de le toucher, arrosa copieusement l'engin de Dreic. Celui-ci ouvrit un canal avec Evik .

- J'en ai un qui me harcèle, tu peux t'en occuper?

            Après un court moment, gris 6 répliqua :

- Ca va être dur, tu n'as sans doute pas vu mais j'ai rompu la formation, moi aussi j'en ai un qui me mène la vie dure !

            Dreic ne tergiversa pas et réfléchit à la meilleure chose à faire pour supprimer son vis-à-vis. Il décida de ralentir un peu, pour réduire la distance. Il s'appliqua à être encore plus mobile pour éviter les lasers et toute acquisition de cible permettant un lancement de missile, qui à cette distance n'aurait aucun mal à pulvériser un Tie. Le pilote ennemi mitrailla à tout-va et Dreic devina son empressement, sa hâte de l'abattre. C'était une faille à exploiter. Lorsque le Headhunter fut suffisamment près, Lobora saisit l'opportunité. Il effectua brusquement deux virages successifs à presque quatre-vingt dix degrés et fut plaqué contre son siège, encaissant la force centrifuge libérée par ce mouvement soudain, malgré les compensateurs d'accélération et d'inertie. Il termina sa course par deux nouveaux virages moins serrés pour se positionner derrière le Z-95 qui avait tenté vainement et maladroitement de le suivre.

           Dreic accéléra et atteignit une portée de tir optimale. Il régla la distance et la puissance de ses armes. Il prêta attention à son réticule de visée. Celui-ci clignota une demi-seconde malgré les manœuvres d'évitement et Dreic appuya plusieurs fois sur la gâchette. Les premières volées furent tantôt ratées tantôt absorbées par le bouclier déflecteur qui se matérialisa un instant. Maintenant sa concentration et la pression sur sa cible, il envoya d'autres rayons verdâtres qui pénétrèrent le champ protecteur invisible et touchèrent les deux turbines bâbord. Cela provoqua l'explosion du Headhunter  en une formidable boule de feu aveuglante. Il prit soin de contourner le nuage de débris pour conserver son Tie intact. En se rappelant de son objectif premier - neutraliser le transport- il fit rugir de plus belle son chasseur, filant tel une comète .

            Il consulta son écran tactique pour voir comment se déroulait l'assaut. La situation avait considérablement changé. Le vol 1 et le vol 2 affichaient cinquante pour cent de pertes tandis que le vol 3 avait été entièrement désintégré. Néanmoins, il restait encore cinq Z-95 et le Poussière de Diamant allait rapidement s'extraire de l'attraction d'Allyuen et passer en hyperespace. Sur le canal de l'escadrille, la voix d'Evik résonna dans le cockpit de Lobora :

- Ca chauffe ici ! J'ai deux ennemis qui me filent le train et le transport qui se fait la malle, même si j'ai réussi à l'esquinter.

-Tiens bon j'arrive ! Essaye de m'en amener un dans ma direction, je vais le prendre par surprise, proposa Dreic.

- Ok ! Mais il faut faire vite car sinon on ne pourra pas s'occuper de la cible .

- Gris 2, gris 4 vous en êtes où ?

- Nous aussi on joue au chat et à la souris, on va essayer d'en finir le plus tôt possible, rétorqua gris 4.

- Revenez rapidement pour nous aider à stopper cette foutue boite de métal.

            Dreic trouva rapidement la position de son ami, relativement éloigné de l'objectif de la mission. Il en déduisit que pour réussir, il n'aurait droit qu'à une seule passe pour éliminer les Z-95 traquant gris 6. Il tira la paire de manettes vers lui pour faire monter son Tie, accéléra et prit de la hauteur par rapport à la position d'Oumar et des ennemis qui le pourchassaient. En gardant un œil sur la télémétrie, il continua sa course, puis soudain, descendit en piqué. Dreic fondit par bâbord sur les Headhunter, en retenant son attention sur le réticule de visée. Avec la rage d'un gundark, il ouvrit le feu au bon moment et désintégra le premier Z-95 de plusieurs tirs dans le "nez" de l'appareil. Le second fut surpris par l'explosion de son coéquipier, mais parvint à réagir prestement en virant et s'éloignant de la pluie de traits énergétiques.

- Et un de plus ! jubila-t-il, gris 2, gris 4 vous avez fait le ménage?

            Le silence fut la seule réponse qu'il obtint. Il regarda derechef son écran tactique, il ne restait plus  qu'Evik et lui, ainsi que deux autres Headhunter qui revenaient à la charge.

- Il ne reste que nous Evik, on finit les derniers?

- Pas le temps. Le Poussière de Diamant va s'échapper, selon mes instruments on n'aura droit qu'a une dernière attaque. On doit réunir notre puissance de feu et détruire ses moteurs, analysa gris 6.

            Dreic hésita, mais son ami avait raison.

- Compris.

            Quelques secondes plus tard, il s'aligna sur le même plan que celui d'Evik. Ils avancèrent à toute allure, réduisant la distance avec le transport de classe MK III, quand des flèches pourpres les rasèrent de près. Instinctivement, il chercha ses assaillants à travers la verrière.

- Il y en a un qui nous suit et l'autre qui se ramène à 1-9-5-2 quart nord-est, informa gris 6

            En dépit du danger, le couple de Tie ne bougea pas d'un iota et se rapprocha par le flanc gauche du cargo qui trainait dans son sillage une corolle de fumée. Les tirs ennemis devinrent croisés et de plus en plus soutenus. Dreic aperçut de visu le Z-95 arrivant de biais et crachant son venin. Il effectua un tonneau latéral pour éviter les salves. A peine eut-il le temps de se stabiliser qu'il fut bringuebalé violemment. Il se mit à tournoyer, ses écrans grésillèrent et une alarme poussa son cri strident. Il tourna péniblement la tête et remarqua qu'il lui manquait un panneau solaire.

            Malgré le tournis qui lui donnait migraines et maux d'estomac, il essaya de dompter sa ligne de vol et tenta de communiquer avec son dernier partenaire, mais son système com avait grillé. Il cria sa rage et sa frustration.

            Retrouvant un semblant de calme, il tenta de redresser et s'aperçut que le tangage fonctionnait encore un peu. Il s'aligna une nouvelle fois sur la position du fuyard et appuya sur la détente. Rien ne se produisit. Il lâcha un autre juron.

            Dans son esprit, la seule issue possible se dessina, "Il n'y a plus qu'une chose à faire...".  

            Concluant qu'il était toujours une menace, les adversaires restants se remirent à le canarder. Dreic ne pouvant rien faire, il poursuivit son idée. Il poussa la manette des gaz au maximum et prit un vecteur de collision.

             Désormais les dés étaient lancés.

             Le Tie agonisant courait vers sa perte glorieuse. Le cadet Lobora repensa à cette mission, il ne regrettait rien car il avait fait de son mieux. Malheureusement cela semblait avoir été insuffisant.

            Les lignes rectangulaires enfumées et la coque parsemée d'impacts du Poussière de Diamant emplirent brièvement la vision de Dreic avant que l'obscurité ne l'engloutisse. 

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29 décembre 2013

Deuxième Chapitre

CHAPITRE II

 

 

            Corulag, la planète pro-impériale était un monde du Noyau situé sur la Route Commerciale de Perlemienne, dans le système Corulus. Sa capitale, Curamelle, abritait à sa lisière, l'imposante académie impériale formant de nombreux soldats pour la gloire de l'Empire.

          Vue du ciel, elle ressemblait à une croix formée de quatre rectangles et d'un cercle en son centre. Vue du sol, l'académie érigeait quatre immeubles hauts et massifs, chacun construit dans une direction cardinale, avec au centre une tour effilée de forme conique s'élevant gracieusement dans l'azur, contrastant avec l'architecture lourde et pataude des quatre buildings.

          C'est au cœur de l'un d'eux, dans une salle circulaire aux murs noirs, dénuée de décoration, que le cockpit de simulation s'ouvrit avec un léger chuintement. Dreic se leva de son siège et enleva son casque d'un jais reluisant pour le mettre sous le bras.

- Tu as eu le cargo ?  lança une voix sur sa droite.

            Dreic tourna la tête vers son interlocuteur, un jeune homme de bonne taille, portant comme lui la tenue noire de pilote de Tie. Il s'agissait d'Evik. Il avait également enlevé son casque, révélant son visage allongé, au nez quelque peu aquilin, avec des yeux bleus, habités par un regard déterminé. Tout comme Dreic, il avait les cheveux bruns, rasés courts, selon les canons en vigueur à l'académie.

- Je ne crois pas, mon écran s'est éteint juste avant que je percute le Diamant.

- "Que tu percutes?" reprit ironiquement Evik.

- Oui, un Z-95 m'a arraché un panneau solaire !

- Ah, alors je crois que nous avons échoué la simu ...  Allons retrouver le reste de l'escadrille.

            Dreic et son ami sortirent de la salle remplie de simulateurs, pour rejoindre leurs camarades dans le vestibule où les scores de chacun étaient affichés sur des terminaux.

            Une heure standard plus tard, l'escadrille gris s'était réunit dans un petit hémicycle pour le débriefing du scénario "Poussière de Diamant" auquel ils avaient pris part.

            Debout sur l'estrade, les mains dans le dos, le lieutenant Dajen, impeccable dans son uniforme kaki, attendait le calme absolu pour prendre la parole. Il était le responsable de la moitié des pilotes - soit une bonne soixantaine- en dernière année de formation. Son visage dur, ridé, à l'expression sévère, ainsi que son évidente expérience, donnaient l'impression qu'il avait passé une grande partie de sa vie au service de l'armée. Beaucoup se demandaient s'il avait fait la Guerre des Clones, mais l'hypothèse était plus que crédible.

            Il incarnait le respect, l'ordre et la hiérarchie impériale. Il transmettait son savoir méthodiquement, rigoureusement et sans faire de zèle, traitant tous les pilotes, des meilleurs au plus mauvais avec la même exigence et la même fermeté. Dreic appréciait sa façon de faire, car il savait que tous les instructeurs de l'académie n'avaient pas la même intégrité et nombre d'entre eux essayaient de tirer profit de leur influence sur les cadets. Dajen rassemblait les valeurs de l'Empire, les meilleures.

            Le lieutenant commença le débriefing en expliquant les objectifs de la simulation et précisa, entre autre, le niveau de difficulté. Evik, assis à coté de Dreic lui flanqua un léger coup de coude dans les côtes pour attirer son attention.  

- Tu nous dois deux cents crédits, chuchota-il

-  Ca va, ça va... soupira Lobora, en esquissant un petit sourire narquois du coin des lèvres.

            A la fin de l'exercice dans les simulateurs, tous les gris avaient parié sur le degré de difficulté de la mission. L'échelle allait de un à six. Dreic avait misé sur le niveau quatre, Evik sur le niveau cinq. Ce dernier et six autres pilotes allaient rafler les crédits .

            Les mains dans le dos, arpentant l'estrade, Dajen aborda l'attitude des apprentis-pilotes.

- Cadets, au vu de vos piètres prestations, je me vois contraint de vous renvoyer aux bases de votre formation.

            Il stoppa sa marche et impassible, balaya lentement du regard les visages de son auditoire. Le ton était donné.

- Vos instruments et vos détecteurs sont les premiers alliés que vous avez au milieu d’une bataille. Avant toute autre chose, vous ne devez compter que sur vous-même et vos senseurs qui sont une prolongation indispensable de votre instinct, lâcha Dajen. Chaque erreur, si minime soit-elle, peut faire échouer une mission. L’Empire ne peut  autoriser ces échecs et je ne peux me permettre de lui fournir des pilotes incapables de maintenir leur concentration et leur patience au cœur de la bataille, comme dans les moments d’attentes et de routines.

            Dreic se sentit visé et évita soigneusement le regard du lieutenant. Celui-ci continua son laïus.

- Pareillement, vous n’êtes pas sans savoir, du moins je l’espère, que les chasseurs dont vous êtes aux commandes ont été conçus pour voler en escadrons et non pas pour effectuer quelconques échappées héroïques. Nous ne voulons pas de héros mais des soldats dévoués et prêts à mourir. Les Tie sont plus forts et efficaces en étant obéissants, coordonnés et prompts face à l’imprévisible.

            Il marqua une pause, observa l'expression des pilotes en gardant le silence, pour que ses propos aient le temps d'être bien assimilés par l'assistance. Puis, Dajen débriefa la simulation elle-même.

- Le choix de la M1 était correct..., jusqu'à ce que les chasseurs ennemis n'interviennent, jugea-il sèchement.

            Il actionna un bouton sur le pupitre de l'estrade et une reconstitution holographique de la bataille apparut entre le lieutenant et les gradins.

- Un tiers de l'escadrille n'a même pas endommagé le cargo. Vous avez pensé qu'affronter les Z-95 était la meilleure option ? Vous avez pensé que vous étiez des as ? Vous avez pensé que vos vies étaient plus importantes que la mission ? demanda-t-il d'un ton rhétorique. Avec cet état d'esprit, votre stratégie était vouée à l'échec, gronda t-il.

            Après un silence, il reprit son analyse, l'air toujours aussi sévère.

- La vie d'un pilote de Tie ne compte pas quand il sert l'intérêt de l'Empire. Toutes les missions que l'on vous confiera, une fois sorti diplômé de cette académie, seront bien plus importantes que vous ou que votre chasseur et ce, même si vous ne saisissez pas l'importance de ce que l'on vous demande. Capturer un cargo, arraisonner des contrebandiers, éliminer des pirates, des rebelles, des terroristes, protéger des bombardiers Tie etc. Tout cela fera partie de votre quotidien et n'essayez pas de comprendre le pourquoi du comment ! Vous n'êtes pas là pour ça ! Vous êtes ici pour obéir aux ordres ! N'oubliez jamais, votre vie, votre appareil est remplaçable, pas la mission dont vous avez la responsabilité !

            Dajen suspendit sa tirade, fit quelques pas en fusillant du regard l'escadrille gris. Il reprit.

- La stratégie qu'il fallait adopter était de continuer la M1 ou d'appliquer celle de la "Meute de Loup". Le mitraillage d'une escadrille de Tie sur les points clés du cargo aurait largement suffi à immobiliser le transport. J'attire votre attention sur l'attitude passive et artificielle du cargo. Ce dernier, hormis les canons laser rajoutés, n'avait aucune modification et n'a manifesté aucune intelligence particulière. En d'autres termes, en condition réelle, ce genre de vaisseau a nombres d'améliorations aussi bien offensives que défensives ! En outre, un équipage, un tant soit peu sensé, aurait privilégié les trois quarts du temps la fuite en affectant toute la puissance aux moteurs. Bref, cette simulation est un échec collectif cuisant. La seule note positive est les actions et les choix individuels de certains d'entre vous, je pense à Haldeman, Pomrant, Oumar, et Lobora. Pourtant, vous vous êtes tous fait abattre !

            Le lieutenant termina sa sentence.

- Vous avez quelque chose à ajouter ?

            Après un petit moment, l'enseigne Haldeman leva la main à la surprise générale. Dajen fut étonné, son expression impassible fut trahie par un léger haussement de sourcils. Il lui donna la parole.

- Monsieur, puis-je justifier mon choix tactique ?

- Allez-y, répondit-il en croisant ses bras sur la poitrine.

- J'ai pensé qu'éliminer ou du moins distraire les Headhunter permettrait au vol 2 d'achever la mission. A aucun moment, les pilotes et moi n'avions pensé à nos propres intérêts, conclut-il d'une voie mal assurée.

- C'est noté, lâcha Dajen. Son regard s'aiguisa et un léger sourire de satisfaction traversa son visage. Vous êtes alors d'une naïveté et d'une stupidité sans borne ! Croyez-vous un seul instant que votre ennemi va tranquillement laisser quelques chasseurs faire leur besogne s'ils représentent une menace ?

            L'enseigne déglutit et du bout des lèvres sortit un "non, monsieur".

- Votre manque de jugement me donne matière à réflexion quant à votre rôle de leader dans cette escadrille, conclut-il.

            Il venait de mettre hors-jeu Jeo devant tous les autres cadets, car celui-ci avait osé discuter de la stratégie avec le lieutenant. Même si se justifier paraissait louable, c'était aussi inutile que de vouloir endommager un destroyer stellaire avec un blaster.

            Le débriefing continua. Dajen passa en revue les performances de chaque pilote, le planning des jours à venir, puis termina par le couplet idéologique et endoctrinant impérial. L'instructeur expliquait toujours qu'être au service de l'Empire était le plus grand de tous les honneurs, qui plus est lorsqu'on intègre la flotte. En dépit du respect que Dreic éprouvait envers Dajen, ce genre de discours préfabriqué l'irritait. Cependant, il ne pouvait guère partager son avis sur la question. En effet, la grande majorité des cadets buvait ce genre de "blabla" chauviniste. Son scepticisme s'étendait à tous les reportages, nouvelles, discours et campagnes publicitaires pro-impériaux. Il essayait de cultiver un esprit critique, ou du moins, admettre que l'essentiel des informations transmises sur les chaines de l'Holonet étaient biaisées et tronquées.

           Cette volonté de remettre en cause les choses, d'accepter puis de combattre l'ignorance par le savoir, il la tenait de son père Tiden-Ven. Ce dernier faisait tout son possible pour que son fils développe sa propre réflexion objective et éclairée.

            Le speech du lieutenant avait conduit Dreic à penser à son père. Ce dernier lui manquait. Il ne le voyait pas beaucoup car le règlement de l'académie était on ne peut plus clair et strict. Un jour de permission toutes les six semaines standard. Ce jour, depuis maintenant deux ans et demi, il le consacrait entièrement à son père.

            Il était sa seule famille. Ils avaient coutume de se retrouver tous les deux dans leur appartement à Curamelle, en mettant à profit chaque seconde. Dreic lui racontait ses journées, ses progrès en astrophysique, mécanique, robotique et surtout en pilotage. En échange, Tiden-Ven lui narrait ses voyages aux quatre coins de la galaxie et les rencontres parfois pittoresques et rocambolesques qu'il vivait grâce à son travail de marchand. A de rares occasions il partageait ses souvenirs de capitaine de frégate médicale au cours de la Guerre des Clones.

            "Encore deux semaines à attendre" songea Dreic.

            Il n'avait pas remarqué que le débriefing était terminé et tandis que les étudiants sortaient du petit amphithéâtre, Evik l'interpella, l'arrachant de sa songerie.

- Tu viens ? On va manger un bout au "Bon Tireur " ? La moitié des gris y sera.

            Sentant l'hésitation de son ami, Evik ajouta :

- Jana y sera aussi... lança-t-il en décochant un large sourire.

             Lobora ne put réprimer un léger ricanement à cette allusion.

            Jana Pomrant était la seule femme de l'escadrille, mais elle valait sans conteste dix cadets. Elle était l'un des meilleurs éléments de l'escadrille et de toute l'académie à coup sûr. Son visage strict et martial soutenu par un regard déterminé et froid, ne pouvait amoindrir sa beauté, pas plus que le sévère chignon tirant en arrière ses cheveux bruns qui la vieillissait. Légèrement concave, son nez droit et fin, ainsi que sa lèvre inférieure charnue et sensuelle, adoucissaient un haut de bouche un peu trop mince. Elle avait une taille moyenne et la ligne fluette, cependant l'uniforme traditionnel bleu pâle des cadets, ne suffisait pas à cacher ses atouts féminins. Elle n’avait ainsi que dix-sept ans, tout comme Dreic qui venait de les faire, ainsi que la majorité des cadets en dernière année de formation.

            Naturellement, Jana avait une armée de prétendants, mais elle semblait ignorer toutes les demandes et demeurait inaccessible, ce qui la rendait encore plus désirable. Comme beaucoup d'autres, Dreic ne restait pas insensible au charme de Pomrant, mais il ne montrait rien. Il savait qu'il ne se passerait jamais rien. Il en avait déduit qu'elle accordait toute son attention à ses études et à sa future carrière de pilote.

            Une demi-heure plus tard, Jeo Haldeman, Riv Agriel, Jana Pomrant, Walt Trigit, Evik Oumar, et Dreic Lobora étaient attablés et discutaient vivement. Les sujets allaient de la simulation au débriefing en passant par le prochain exercice en vol réel. L'un d'eux entama une conversation sur la fin de l'année, synonyme pour tous ceux qui réussiraient, l'intégration et l'affectation au sein de la flotte. Trigit affirma qu'il avait de bonnes chances de servir à bord du même vaisseau que son père. Agriel déclara se moquer de là où il servirait, car la solde était la même pour tous, enfin les autres expliquèrent qu'ils comptaient se faire remarquer s'ils étaient sélectionnés aux Jeux Académiques.

             Au cœur de la palabre, Dreic réalisa qu'il ne serait bientôt plus un jeune en formation mais un pilote de Tie auquel incombe des devoirs et des responsabilités. Cela ne lui faisait pas peur bien au contraire, il avait hâte de montrer ses talents, d'apprendre de nouveaux tours auprès de vieux briscards, de découvrir de nouvelles planètes et leurs populations autochtones, de traquer les hors-la-loi, d'être en somme, le bras de la justice. A la fin de sa carrière, il prendrait sa retraite après ses trente années de service et finirait sa vie avec son père en sillonnant la galaxie. "Ce serait parfait" imagina-t-il.

            Cette projection de son futur, poussa Dreic à dresser un bilan de sa vie. Depuis presque trois ans, il était dans cette académie. Auparavant, il avait passé trois autres années dans une école impériale huppée, d'où il était sorti diplômé avec mention. C'était lors de sa rentrée dans le cursus militaire, vers l'âge de onze ans, qu'il y avait eu cette séparation forcée avec son père. Celui-ci voulait le meilleur pour l'éducation de son fils, au détriment du temps passé ensemble. "Aujourd'hui cela portait ses fruits" songea Dreic. Néanmoins son goût pour les études, notamment la mécanique et la robotique se faisait au dépens de ses relations avec ses camarades. Hormis Evik qui était son seul véritable ami et confident, il n'avait pas créé de liens avec d'autres pilotes et passait pour être taciturne.

            Le déjeuner se clôtura et tous se dirigèrent vers des salles de cours, où on leur délivra des leçons sur les mathématiques, l'astrophysique ,et la navigation aérienne et spatiale.

            La journée s'acheva et Dreic retourna à sa chambre qu'il partageait avec Evik. Celui-ci préférait souvent passer la soirée à jouer au Sabacc ou à parier sur les courses de Blobs. Lorsqu'il entra dans la pièce, il distingua dans la pénombre une silhouette humanoïde, immobile, debout contre le mur. Il alluma le modeste éclairage du dortoir.

- Activation, formula Dreic.

            L'ombre aperçue était celle de son droïde. Ses photorécepteurs, l'équivalent des yeux, s'illuminèrent. Son carénage argenté se cambra légèrement comme pour reprendre vie.  

- Bonsoir maître, comment allez-vous aujourd'hui ? Votre simulation s'est-elle bien passée ? s'enquit-il de sa voie imperceptiblement synthétisée.

- Salut Pod, oui ça a été, la simu était difficile, niveau cinq et même si j'ai fait un bon score on n'a pas atteint l'objectif fixé. On s'est pris un savon par Dajen en prime, fit Dreic d'un ton las.

- Vous m'en voyez désolé maitre. Souhaitez-vous que j'analyse les données de votre exercice de vol ? Je suis persuadé que vous avez tout de même réussi des prouesses hors normes, s'enthousiasma-t-il.

            Dreic sortit d'une de ses poches un databloc, tapota sur quelques touches et transmit les données.

- Voilà, tu fais comme d'habitude, je veux toutes les infos possibles, trajectoires, vecteurs d'attaques, tactiques de tous les participants, taux de précision, etc.

- Bien maitre, ce sera fait dans les plus brefs délais.

            Tandis que Pod s'affairait à la tache, Dreic s'affala sur son lit. Cela faisait près de douze ans que le droïde archiviste AG9 lui avait été offert par son père. Ce dernier l'avait reprogrammé en droïde précepteur, contenant des millions d'informations sur à peu près tout et n'importe quoi. Il avait enseigné à Dreic les bases des mathématiques, en passant par la biologie, la physique ou la mécanique, ainsi que tout un tas de sciences humaines. En outre, il possédait de nombreuses capacités comme l'analyse d'informations, le piratage informatique, ou un vocabulateur capable d'imiter les voix qu'il entendait.

            Sans trop savoir comment, Lobora était forcé de constater que Pod l'avait accompagné partout, même ici à l'académie. Il en avait déduit, avec le temps, que son père tentait de combler le vide laissé par sa mère, morte à sa naissance. Sur ce plan là, c'était presque une réussite, car il s'était attaché au droïde, malgré ses interminables discussions, ses remarques parfois irritantes et son côté mère poule. Après quelques années, Dreic l'avait baptisé Pot De Colle, nom qui s'était transformé ensuite en un diminutif contracté : Pod.

            Le droïde archiviste acheva l'analyse. Dreic passa le reste de la soirée à étudier les conclusions et à se détendre en bidouillant son chaperon électronique.

            Le lendemain matin, alors qu'il arpentait les monotones corridors gris métalliques en direction de la baie d'envol, son comlink bipa.

- Cadet Lobora, vous êtes attendu en salle de visite numéro trois. Vous avez trente minutes. Est-ce clair ?

-Bien reçu.

            Dreic fut surpris. D'ordinaire les visites étaient interdites. Cette annonce impromptue le perturba. Les jours à l'académie se suivaient et se ressemblaient, aucun imprévu ne venait troubler la routine quotidienne des plannings. Il se demanda qui pouvait venir le voir. Son esprit trouva instinctivement la réponse : son père. Il aurait dû être heureux de cette réponse, mais cela ne lui ressemblait pas. En son for intérieur, il eut comme un mauvais pressentiment. Il se hâta en direction de la salle de visite numéro trois.

            Dreic ouvrit la porte de la pièce, au mobilier minimaliste, il n'y avait qu'une table et deux chaises. Un groupe de quatre hommes l'y attendait. L'un d'eux tenait dans sa main un holocom qui s'activa, faisant apparaitre deux petites silhouettes. Il ne reconnut aucun des individus, mais il remarqua une expression de chagrin sur leur faciès. Un des hommes approcha et lui tendit la main.

- Bonjour Dreic, tu te souviens de moi ? Je m'appelle Xale Peccata...

            Le cadet fouilla dans sa mémoire; des bribes d'images lui revinrent à l'esprit. Le visage aux contours anguleux, le front large, la mâchoire volumineuse et le menton fuyant de son interlocuteur le renvoya dans son passé, avant qu'il ne commence les écoles impériales, avant qu'il ne déménage à Curamelle. Il l'avait déjà vu au Centre Impérial quand il avait moins de dix ans. Il tenta de se rappeler dans quelles circonstances il avait vu cet homme mais ses souvenirs n'allèrent pas plus loin.

- Je me souviens de vous, mais je ne sais plus vraiment qui vous êtes.

- Ce n'est pas grave. Je suis le second de ton père à bord du Vagabond Volant . Les personnes qui m'accompagnent sont l'équipage du vaisseau. Je te présente également Assia et Navok, dit-il en tendant la main, vers l'image tri-dimensionnelle de l'holocom. Les gardes n'ont pas voulu laisser entrer une twi'lek et un cathar dans l'académie. Néanmoins ils ont tenu à assister à notre rencontre. Et, voici, Darell, Mekhi, et Ryker. Nous avons beaucoup entendu parler de toi, tu sais.Tiden-Ven ne tarissait pas d'éloges.

            Xale continuait à parler, mais le malaise de Dreic s'accentua. Il n'écoutait plus et s'était immergé dans ses pensées. "Pourquoi seul l'équipage vient-il me voir ? Pourquoi mon père n'est-il pas venu lui aussi ? Peut-être a t-il de graves ennuis ? Mais qu'est ce que je peux y faire moi ? Je suis bloqué ici..." Dreic coupa le second de Tiden-Ven et lui demanda :

- Pourquoi mon père n'est pas là ?

            L'expression de Xale redoubla de consternation.

- Je suis navré, il est mort. 

 

 

Star Wars Vendetta Dreic a l'académie de Corulag

 

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05 janvier 2014

Troisième chapitre, première partie

CHAPITRE III

           

              Durant quelques secondes qui lui semblèrent des heures, Dreic resta figé, comme plongé dans de la carbonite. La nouvelle de Xale l'avait paralysé. Il ne réalisait pas la portée de cette annonce et il répliqua d'une façon robotique, le regard perdu sur un des murs vide de la pièce.

- Non, c'est impossible.

            Peccata prit un air plus sombre encore.

- Nous aussi, nous avons eu du mal à y croire.

            Et comme pour ancrer cette abominable réalité, il ajouta :

- Je suis désolé mais c'est la vérité, mes condoléances.

            Tout en se répétant sa derrière phrase, Dreic sentit déferler une violence venant du tréfonds de son être. Une colère sourde et aveugle s'éleva de ses entrailles, nourrie par le chagrin et par ses pensées.

             "Je l'aurais forcément senti, il y aurait eu un signe avant-coureur, quelque chose, je l'aurais forcément su d'une manière ou d'une autre ! C'est mon père, ma seule famille, la seule personne à qui je tiens vraiment ! Ce n'est pas vrai ! Il n'a pas pu mour..."

- CE N'EST PAS VRAI ! hurla-t-il, en projetant la table contre le mur d'en face. Ce n'est pas vrai ! répéta-t-il, plus accablé et bouleversé que colérique.

            Alors que les larmes commençaient à perler sur ses joues, Xale tenta de le réconforter.

- Je compatis, tout l'équipage a tenu à venir ici, pour s'associer à ta douleur. Tiden-Ven nous a tous recrutés et nous a donné un boulot. Il était comme un père pour moi, il m'a sorti d'un gang minable pour faire de moi un homme respectable. Nous étions tous proches de lui et nous sommes effondrés depuis la nouvelle de sa mort. Nous lui serons éternellement reconnaissants.

             Les mots détournèrent et allégèrent un peu la colère de Dreic pour laisser place à une incommensurable peine.

- Comment ça s'est passé ?  bredouilla t-il.

- On était sur Corellia. On avait deux jours de repos à la suite d'une affaire. Chacun est parti de son côté et puis le lendemain les autorités sont venues nous voir. Elles nous ont appris la tragédie. Il aurait péri dans un accident de speeder. Ils nous ont montré un enregistrement d'une holocaméra de surveillance.

            Les pleurs de Dreic refusèrent de cesser, mais il parvint à répondre entre deux sanglots.

- Comment je fais maintenant ? Comment je fais pour surmonter ça hein ? implora t-il. Est ce que je peux le voir une dernière fois ?

            Peccata secoua la tête.

- L'accident a été terrible, le speeder a explosé quand il s'est crashé...  Mais sache que nous avons organisé une cérémonie funéraire à bord du vaisseau.

- Je veux le voir encore une fois, insista-t-il.

            Une voix féminine, douce et attendrissante se fit entendre. Elle venait de la twi'lek via l'holocom.

- Je peux te fabriquer un petit holo, en retrouvant des images de Tiden-Ven, proposa-t-elle chaleureusement.

            Cette proposition finit d'apaiser la colère de Dreic. Néanmoins, les sanglots reprirent car il venait de prendre conscience qu'il n'avait pas le moindre souvenir de son père à l'académie.

- J'aimerai, oui.

            Xale sortit de sa poche un databloc et l'alluma.

- Dreic, je sais que ce n'est pas le moment, mais nous avons besoin de toi. Comme tu le sais le Vagabond Volant était à Tiden-Ven. Cependant il n'a pas laissé de testament. Je ne vais pas rentrer dans les détails juridiques, mais l'entreprise qu'il a fondée et qui ne recense comme seul bien que le vaisseau, a été créée au Centre Impérial. Les lois en matière de succession lors d'une absence de document testamentaire stipulent que tous les biens du défunt reviennent à ses enfants, en l'occurrence toi. Par conséquent...

            Dreic commençait à être exaspéré par ces jérémiades, alors que toutes ses pensées, toute son attention, tout ce qu'il ressentait le renvoyait à la disparition de sa seule famille, à une perte abyssale, à un chagrin qu'il sentait éternel. Xale continuait pourtant à développer son propos.

- ... tu comprendras donc que le vaisseau est notre gagne-pain... Il me semble que ton père souhaitait que tu finisses tes études et que tu deviennes pilote, mais...

- Vous voulez quoi au juste ? coupa-t-il brusquement.

            Peccata fut surpris par le ton employé, puis stoïquement, il présenta le databloc à Dreic.

- Voilà, j'ai besoin d'une empreinte digitale et d'une goutte de ton sang pour authentifier le contrat qui me cède l'entreprise et tous ses droits.

            Xale enchaina sur un ton de nouveau compatissant.

- Ce fut difficile d'organiser notre venue ici, convaincre l'académie de la nécessité de notre visite ne fut pas chose aisée. En outre, si on ne légalise pas la situation très vite, le vaisseau pourrait nous être retiré.

- Je comprends, lâcha Dreic en desserrant les poings.

- Bien entendu, nous t'enverrons une part de salaire en guise de remboursement et si jamais tu n'es plus pilote de Tie, ou au service de l'Empire, tu auras toujours ta place à bord, finit Peccata avec un sourire complaisant.

            Lobora se plia aux exigences vénales de Xale. Parler de considérations matérielles alors que son père était mort lui semblait honteux, déplacé et superficiel. Il éprouva un fort mépris pour celui qui voulait prendre le Vagabond Volant à son nom. Seule la twi'lek trouva grâce à ses yeux, car elle avait pensé réellement à lui et à sa perte. Il garda, cependant pour lui, tous ses ressentiments et finalisa les modalités.

            Puis, il partit froidement, accablé par le poids de la douleur. Il alla expliquer la situation au lieutenant Dajen. Ce dernier se montra compréhensif et lui accorda la fin de la journée pour "se rétablir".

 

                                                                            ***

           Penché au dessus du lavabo, Dreic se passa un coup d'eau sur son crâne pour se défaire de la nouvelle nuit agitée qu'il venait de traverser. Il s'attarda sur son reflet, buriné par la tragédie. Ses yeux ronds d'un vert perçant d'ordinaire, étaient teintés de la rougeur du sang. En outre ils étaient cernés et pochés. Quiconque le voyant en aurait déduit qu'il venait de passer une nuit blanche ou qu'il avait longuement pleuré. Les paupières lourdes, les joues creusées et les traits tirés plaidaient eux aussi de son triste état. Depuis qu'on lui avait rapporté le décès de son père, il y a trois jours, il n'était plus que l'ombre de lui-même. Ses résultats en cours ou lors de ses performances en simulation chutaient sans discontinuer.

             Les soutiens d'Evik et de Pod, qui devenaient par les sombres circonstances sa dernière famille, ne changeaient en rien la peine et la tristesse qu'il ressentait. Il avait également reçu la visite surprenante de Jana un soir, où il était seul dans son dortoir. Après avoir discuté, elle l'avait embrassé et lui avait susurré à l'oreille qu'elle ne voulait pas le laisser dormir seul ce soir-là. Lobora avait interprété son comportement soudain comme incompréhensible et déplacé, comme une sorte de soutien maladroit et génant. Il l'avait poliment éconduite. Cependant sa venue inopinée et son attitude lui avait permit de penser à autre chose. Il s'était interrogé sur le pourquoi de cette compassion et de cette tendresse inattendue, elle qui paraissait toujours si glaciale et inabordable.

            Evik était déjà parti rejoindre les autres gris de l'escadrille. Dreic avait du retard, il essayait vainement de dissimuler les stigmates sur son visage quand il fut interrompu par l'irruption de deux stormtroopers dans sa cabine.

- Cadet Lobora ? clama d'une voix martiale l'un des soldats.

- Oui ?

- Veuillez nous suivre immédiatement!

- Mais j'ai un ex...

- Ne discutez pas et suivez-nous !

             Vêtu d'une simple tunique couleur beige, il emboîta le pas aux deux commandos. Il se demanda ce qui pouvait bien encore se passer. "De toute façon il ne peut rien m'arriver de pire ..." 

 

Dreic en colère

 

 

 

 

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12 janvier 2014

Troisième chapitre, partie deux.

 

             Les couloirs de l'académie se ressemblaient tous. Le trio les parcourut au gré des sifflements de portes, des néons blanchâtres tapissant le plafond et du claquement cadencé des bottes de stormtroopers. Ils débouchèrent devant un turbo-ascenseur qu'ils empruntèrent. L'inquiétude de Dreic monta d'un cran, lorsqu'il saisit qu'il ne connaissait pas l'étage où ils allaient.

            Après avoir déambulé un moment dans une partie de l'école qui lui était inconnue, Lobora, flanqué de son escorte musclée, entra dans un vestibule donnant sur deux portes gardées par quatre impériaux. Il pénétra dans la salle de droite. La luminosité y était plus forte que la normale, les murs étaient vierges de toute décoration, et le mobilier se résumait à un petit bureau et deux sièges. Sur l'un d'eux, un homme au teint blafard, portant une tenue d'officier vert sombre avec des galons sur sa poitrine, se tenait les bras croisés. Il présenta de la main l'autre siège à Dreic, l'y invitant à s'y installer.

- Cadet, prenez place.

            Il sentit qu'il n'avait pas le choix et obéit. Néanmoins la curiosité et son inquiétude croissante le poussèrent à répondre.

- Pourquoi suis-je là monsieur ?

- Cela, c'est à toi de me le dire...

            Dès qu'il fut assis, les deux commandos lui saisirent les poignets en les maintenant contre les accoudoirs. Un sentiment de panique s'empara de lui. Ils fixèrent ses bras à l'aide d'entraves métalliques, et firent de même pour ses jambes. En un clin d'œil Dreic fut ligoté, solidement attaché à la chaise.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai rien fait, s'écria-t-il, en testant la résistance de ses liens.

- Ca, c'est ce que nous allons voir.

            L'officier appuya sur un bouton et un holo-écran translucide s'érigea. Des comptes rendus, des rapports, et d'autres informations rassemblés par l'officier s'affichèrent.

- Je suis le lieutenant Pir Ledrie. J'appartiens au Bureau de la Sécurité Impériale ou BSI. Cadet Dreic Lobora, étudiant en dernière année de pilotage, vous êtes ici car vous êtes soupçonné de complicité terroriste.

- Quoi ? s'étrangla Dreic, c'est impossible ! Je suis ici tous les jours comment voulez-vous que je fasse quoi que ce soit ?

- Oh, mais je vais vous le dire. Votre père a été reconnu coupable d'avoir transmis à des groupes rebelles des informations concernant les convois de marchandises et les mouvements de troupes impériales.

            Dreic tressaillit. Salir la mémoire de son père de la sorte lui provoqua une bouffée de rage.

- Vous vous trompez ! vociféra-t-il. Mon père était un honnête commerçant ! C'était un ancien militaire qui a servi au cours des Guerres Cloniques, il était un homme intègre et droit ! C'est impossible !

- Vous n'êtes pas ici pour juger de l'innocence de votre paternel ! tonna l'officier. Sa culpabilité a été établie. Sa mort nous a empêché de savoir à qui il vendait ses informations. Il dévisagea alors son prisonnier avec insistance. Cependant, nous avons de très fortes suspicions quant à la source de ces informations...

- Vous mentez ! fulmina le cadet.

            L'évocation de son père décédé et les insinuations de l'officier ne calma en rien sa fureur. Il essaya de forcer ses attaches par des mouvements brusques et violents.

- Libérez-moi ! cria-t-il.

- Taisez vous ! Et cessez de gigoter ou vous finirez en cellule ! ordonna Ledrie. Sachez une chose Lobora, la seule raison pour laquelle vous avez un "bon traitement" jusqu'à présent, c'est parce que vous êtes considéré comme talentueux et que vous êtes soutenu par votre supérieur. Vous avez de la chance d'être ici avec moi.

             L'agent du BSI se tranquillisa et reprit d'une voix posée.

- Vous allez vous calmer et répondre à toutes mes questions, que vous le vouliez ou non.

            Son visage légèrement rondouillard, assez quelconque, qui n'inspirait pas réellement la peur, se modifia sous l'effet d'un rictus diabolique. Le menton devenant fuyant, les pommettes plus saillantes, et le regard aiguisé, il sortit d'un tiroir une seringue remplie d'un contenu jaunâtre.

- Qu'allez-vous me faire ? s'angoissa Dreic qui avait cessé de bouger.

            Le lieutenant testa la seringue. Il appuya sur le piston et quelques gouttes jaillirent de l'aiguille.

- Vous allez nous dire toute la vérité... en renouvelant son sourire carnassier.

 

     ***       

            Cette journée avait un goût particulièrement amer et douloureux pour Dreic. Il aurait dû être avec son père, mais désormais, c'était un espoir vain. En outre il était consigné dans sa cabine, tandis que tous les autres cadets étaient libres. Cette décision avait été prise par l'officier Ledrie. L'accusation envers son père l'avait révolté et le révoltait encore à chaque fois qu'il y pensait. Trainer dans la boue le nom et la mémoire de son père était une chose inacceptable. Le poids de sa perte suffisait bien assez à sa peine.

            Durant l'interrogatoire, il avait été drogué. L'officier ne voulait pas perdre de temps à démêler le vrai du faux, il ne souhaitait que la vérité. Le sérum était puissant et Dreic était resté un jour dans le cirage. Les réponses qu'il avait données, semblaient écarter les soupçons qui pesaient sur lui. Pour autant, on lui avait expliqué que selon la loi impériale, il aurait dû être exclu de l'académie et emprisonné, car être le fils d'un rebelle, équivalait à être un ennemi de l'ordre, de la sécurité et de l'Empire. Cependant le lieutenant Dajen avait plaidé sa cause ardemment et il avait insisté sur les dons de pilotages de son cadet. La sentence fut commuée.

            En conséquence, il avait perdu les quelques droits qu'il possédait. Les permissions lui étaient interdites, deux commandos surveillaient sa chambre et le suivaient partout. Pour finir, ses vœux d'affectations, une fois diplômé, lui seraient retirés et la durée de son service passait de trente à quarante ans.

            Dreic avait l'esprit perturbé par cette spirale négative qui l'entrainait dans le néant. Il doutait de plus en plus de la "justice" impériale. Il ne souhaitait plus intégrer la Flotte. Il se posait également des questions sur les motivations de Dajen. Pourquoi avait-il défendu sa cause ? Pourquoi avait-il pris des risques pour lui ? Peut-être en raison des Jeux Académiques. Cet événement retransmis dans toute la Galaxie via l'Holonet, voyait s'affronter les meilleures escadrilles de Tie de chaque académie. Les vainqueurs étaient non seulement auréolés de gloire, mais ils pouvaient être affectés à des postes de prestige, tel que la défense du Centre Impérial, ou sur le Dévastateur, le destroyer stellaire du bras droit de l'Empereur, Dark Vador.

            Bien évidemment, l'académie qui avait formé les vainqueurs en retirait aussi une grande renommée et des subventions beaucoup plus juteuses.

            Pourtant le pari de Dajen tournait au vinaigre, car les résultats de Dreic s'étaient écroulés depuis l'annonce du décès de son père. En outre, la rumeur galopante qui faisait de lui le fils d'un terroriste n'arrangeait rien. Cela l'avait définitivement écarté du reste des autres pilotes. Même Evik semblait prendre ses distances. Cette attitude ne fit qu'accroitre son sentiment d'abandon et d'injustice. 

            La fin de la journée de permission s'approchait. Il avait passé la matinée dans un simulateur, et l'après-midi confiné dans sa cabine à potasser quelques leçons, sans grand succès : son esprit demeurait parasité par le drame qu'il venait de vivre.

            Tandis qu'il bricolait Pod, la porte de sa chambre s'ouvrit et se referma dans son chuintement caractéristique, laissant entrer un officier impérial, tenant une mallette noire dans la main. Au premier abord, l'homme semblait vieux et usé. Il avait les traits tirés, de nombreuses rides, et son calot cachait partiellement ses cheveux gris-blanc. En outre il arborait une barbe soignée de la même couleur. Malgré ses sourcils tombants, son regard semblait déborder d'énergie. Sa carrure athlétique laissait supposer que cet impérial ne faisait pas réellement son âge.

            Dreic lâcha ses outils, désactiva son droïde, et se mit au garde à vous.

- Monsieur.

- Repos cadet. L'officier avança vers lui, l'observa un moment et retira son calot.

- Il n'y a rien à redire là-dessus. Tu lui ressembles.

           Lobora fut dérouté par les propos et le ton familier de l'homme. Il jeta un œil discret au grade et au nom de son intriguant visiteur. Il s'agissait du colonel Yensid."Qu'est ce qu'un colonel peut bien me vouloir ? " se demanda-t-il. Se sentant étrangement apaisé, il se risqua à engager la conversation :

- Que puis-je faire pour vous colonel Yensid ?

- C'est moi qui peut faire quelque chose pour toi mon garçon, et oublie le colonel Yensid, mon vrai nom est Rahm Kota.

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19 janvier 2014

Quatrième chapitre, première partie

Chapitre IV

 

            Le prétendu colonel s'assit sur la chaise attenante au bureau et pivota pour faire face au cadet qui s'était également assis sur son lit.

- Je ne comprends pas, avoua Dreic.

- Je vais éclaircir ta lanterne, mais avant tout, je te présente mes plus sincères condoléances. Ton père était un homme droit et courageux, c'est une chose assez rare dans cette galaxie...

- Merci monsieur.

- Appelle moi Rahm,  les "monsieur" c'est bon pour l'armée.

            Kota releva la mallette, la posa sur ses genoux et la désigna du doigt.

- Je suis là pour ça. Je dois te remettre cette valise, elle vient de ton père. Il m'a dit que c'était ton héritage. L'ouverture est protégée et toi seul peut l'ouvrir sans déclencher son autodestruction.

             Dreic écouta attentivement le vieil homme. Il remarqua la sérénité qui émanait de lui. Sa voix et le choix de ses mots étaient un baume à ses tourments ; en outre il parlait de Tiden-Ven avec respect. Il semblait mesurer l'étendue de sa souffrance. Cette compassion le lénifia et depuis la venue de Xale Peccata il se sentit apaisé. 

             Kota attendit que Dreic prenne la mesure de ce que représentait pour lui cette simple mallette et avec un sourire prévenant, il la lui tendit. 

- Je suis soulagé de te la remettre, même si j'aurais voulu que l'on se voit en d'autres circonstances. J'avais une vieille dette envers ton père. Nous nous sommes revus il n'y a pas très longtemps et il m'a dit de te la donner en main propre si jamais...

- Vous le connaissiez alors ? s'enquit  naïvement Lobora

            Kota fit une moue perplexe.

- Je n'irai pas jusqu'à dire que nous étions amis, mais nous nous apprécions et nous avions des idéaux semblables. Je me rappelle de la première fois que je l'ai vu, c'était durant la Guerre des Clones. Par la force des choses nous nous sommes croisés plusieurs fois, car il commandait une frégate médicale et à ce moment-là, j'étais un soldat. Il m'a tiré du pétrin une fois ou deux, là où beaucoup auraient fui. C'était un grand militaire et un grand homme. Il respectait toujours sa parole et faisait ce qui lui paraissait juste. Cela fut souvent au détriment des ordres et de sa carrière.

            Pendant que Rahm évoquait ses anecdotes, un étrange sourire mélancolique s'ébaucha sur ses lèvres.       

- A chaque fois que l'on discutait c'était la même chose : il me racontait ses déboires avec ses supérieurs, puis nous en riions volontiers. Lorsque la guerre fut finie, il démissionna de son poste pour s'occuper de toi. Puis Il réussit à quitter la République qui venait de se muter en un Empire. A cause des troubles qui ont suivi, nous nous sommes perdus de vue, mais la fo...- Kota stoppa sa phrase un bref instant et reprit sans ciller - enfin le destin a fait en sorte que l'on se retrouve une dizaine d'années plus tard. Nous avions tous deux nos activités et nous reprîmes nos petites habitudes, bavarder autour d'une bonne bière de lum...

            Dreic était captivé par les récits de son singulier visiteur. Il avait la sensation qu'à travers ce dernier, il redécouvrait un peu son père. De nombreuses questions lui vinrent à l'esprit.

- Pourquoi vous aurait-il donné mon "héritage" ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant ? 

- Doucement mon garçon, tes interrogations sont bonnes et légitimes mais je ne peux pas y répondre.

             Kota caressa sa barbe et plissant légèrement les yeux, il replongea dans ses souvenirs.

- La dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a six mois standard, dans un bar de Nar Shaddaa. On a discuté un peu, mais il ne m'a pas expliqué ce qui l'a poussé à me confier cette valise.

- Ca n'a pas de sens ! remarqua Dreic sceptique.

- Ha ?

- Mon père vous remet des affaires m'étant destinées il y a six mois, alors qu'il aurait pu le faire lui-même puisque je l'ai vu il y a trois mois...

            Le vieil homme hésita un instant, comme pour bien choisir ses prochaines paroles.

-  Hum... en effet, c'est étrange...

- Vous l'avez trouvé différent que d'ordinaire sur Nar Shaddaa ? Vous saviez que l'Empire pensait qu'il était un terroriste ? Vous pensez que cela à un lien ? Vous pourriez peut être le disculper vous qui le connaissiez ?

- En ce qui concerne ton ultime requête, je crains que cela soit impossible, on ne peut pas dire que je sois actuellement dans la légalité impériale. D'ailleurs, ma présence ici tient à une fausse identité, quelques tours de passe-passe informatique et mon indéniable charisme, sourit-il.

            Il marqua une pause puis reprit sur un air sérieux.

- Pour le reste, je ne peux pas te répondre, tu dois apprendre certaines choses par toi même, mais n'oublie jamais que ton père était un homme de bien et que tu étais tout pour lui.

- Arrêtez de tourner autour du pot ! Comment voulez-vous que j'apprenne quoi que ce soit en étant bloqué ici ? Vous avez l'air d'en savoir beaucoup mais vous ne voulez pas m'en dire davantage ! s'emporta Dreic.

            Impassible, Kota conserva son ton posé.

- Je comprends ta frustration... mais tu es dans l'erreur, je n'en sais pas bien plus que toi. Je me suis simplement forgé mon opinion et elle ne te servira à rien, si ce n'est à t'égarer. Tu dois suivre ta route, en la bâtissant par tes propres choix. Je n'ai ni l'envie, ni le droit de t'influencer avec mon avis.

- Ma route est déjà toute tracée, lâcha sinistrement le cadet, elle est ici à l'académie, puis au sein de la Flotte.

- On a toujours le choix, même si celui-ci ne te saute pas toujours aux yeux.

             Kota se tut et un long silence s'instaura. Dreic était partagé : sa brulante envie de tout savoir était tempérée par la sagesse et le calme que dégageait son visiteur.

- Jeune Lobora, je suis navré, mais je vais devoir partir et délaisser ce joli costume de colonel dit-il en se levant. Si jamais tu as besoin de moi, va sur Nar Shaddaa, cherche la cantina baptisée le Précieux dans le quartier des contrebandiers, et demande la tenancière de l'établissement.

            Dreic se leva à son tour et voulut protester mais, croisant le regard déterminé de Kota, il se ravisa et baissa la tête, dépité.  

- Merci... merci d'être venu.

            Le futur pilote de Tie et l'imposteur impérial se serrèrent la main, mais Dreic maintint la poignée et dévisagea Rham. Il sentit sa gorge se nouer et des larmes montèrent, quelques-unes s'échappèrent. Cet inconnu lui avait apporté le réconfort qu'il n'espérait plus, une lueur dans la noirceur. Entendre parler en bien de son père et exécuter sa volonté, le rassérénait et balayait les doutes qu'avait distillés en lui l'officier Ledrie : il était le fils d'un homme bien.

- Je sais... c'est dur en ce moment mon garçon, mais accroche-toi, aie confiance en toi, dit le vieil homme en posant chaleureusement une main sur l'épaule de Dreic.

            Rahm Kota arriva devant la porte du dortoir, il se retourna et déclara.

- Adieu, ou à bientôt, que le courage soit avec toi.

            Et en un clin d'œil le colonel Yensid disparut aussi vite qu'il était apparu. 

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26 janvier 2014

Quatrième chapitre, deuxième partie

 

            Les sentiments et interrogations de Dreic étaient semblables à un soleil sur le point de se transformer en supernova. La venue de son mystérieux visiteur l'avait bouleversé. Des kilos de questions se bousculaient dans sa tête sans qu'il ne trouve aucune certitude, que des hypothèses, des plus mesurées aux plus sombres. Ce qui lui avait été remis ajouta à cela beaucoup d'appréhension mêlée à une intense curiosité.

            Avant de toucher à quoi que ce soit il alluma Pod. Le droïde s'éveilla.

- Bonjour maitre, vous allez bien aujourd'hui ?

- Oui ca va ... mieux.

- Mon modeste programme d'analyse de comportement m'indique que vous n'êtes pas tout à fait normal. Votre rythme cardiaque est légèrement plus élevé et vos pupilles sont imprégnées de liquide lacrymal. Nonobstant, vous avez l'air de sourire et d'être pressé. Diagnostic : vous êtes... ému, perturbé et exalté. C'est... étrange, maitre.

- C'est bien résumé, Pod, sourit-il. J'ai besoin de toi. Active tes détecteurs de mouvement et préviens moi si quelqu'un approche dans un périmètre de cinquante mètres autour de la chambre, compris ?

- Rien de plus facile maître, chanta le droïde d'un ton imperceptiblement pédant.

- Et verrouille la porte aussi.

- A vos ordres, maître.

            Pod s'exécuta avec célérité. A première vue il n'avait pas bougé mais ses capteurs s'allumèrent et un voyant bleu clignota sur le coté droit de son crâne métallique. Il trafiqua également les verrous de la porte à distance grâce aux ajouts et autres bidouillages de Dreic.

            Une fois isolé, le cadet s’installa devant son bureau où il venait de déposer la mallette de son père. Il batailla ensuite plusieurs minutes pour tenter de venir à bout des différents contrôles vocaux, digitaux et sanguins qui protégeaient son héritage. Son père n'avait pas lésiné sur la sécurité et la défense de son legs. " C'est déjà un indice sur sa valeur " pensa Dreic.

            La mallette céda sur un déclic soudain.

            Lobora avait le regard perdu devant la multitude d'objets qui garnissait la mallette. Il y avait de tout, des souvenirs de famille, des datacartes, des blocs de données, des crédits et au milieu mis en évidence, un holoprojecteur de forme sphérique relié à un socle rectangulaire. Dreic remarqua également la présence d'un mini-blaster et celle d'un petit tétraèdre d'un noir mat et opaque. Ce brusque afflux de documents et d'objets chargés d'énigmes et du passé familial, le déboussola.

            Après avoir pris le temps d'examiner tout le contenu de la mallette, il sortit l'holoprojecteur et l'alluma, non sans une certaine émotion. Sa respiration s'accéléra et une boule lui noua le ventre. Il se sentait bien plus stressé qu'à bord d'un chasseur Tie en plein combat.

            Une grande image bleutée apparut. L'individu matérialisé avait les cheveux grisonnant coupé court, le visage creusé, buriné par l'âge et les épreuves, et malgré les poches sous ses yeux  témoignant de sa fatigue, son regard brillait d'une vaillance indéfectible. C'était son père. Tel un fleuve en crue brisant une digue, Dreic fut incapable de contenir ses larmes quand il entendit résonner la voix de son géniteur. Il avait l'impression qu'il était toujours vivant et en bonne santé, comme s'il l'appelait pour prendre de ses nouvelles. Jamais il n'aurait imaginé revoir son père d'une façon aussi réelle, presque palpable. En sanglotant il marmonna :

- Merci papa...

            Le cadet s'employa à stopper ses pleurs et la tristesse se teinta de joie. Il possédait enfin un magnifique souvenir. Il avait la chance de revoir et de réentendre la voix de son père comme s'il n'était jamais parti. Dreic constata qu'il avait manqué le début du message, égaré par ses pensées. Il réinitialisa l'holoprojecteur et y rassembla toute son attention.

- " Bonjour mon fils, j'espère que tu n'auras jamais à voir  ce message, mais si c'est le cas... Je te demande de me pardonner."

             Tiden-Ven semblait affecté par ses propos, il avait le regard bas et une voix grave.

- " J'ai pris ces ... dispositions car j'ai de solides raisons de croire que certaines de mes activités sont devenues gênantes. Ne vas surtout pas penser que je me suis abaissé à tremper dans un vulgaire trafic d'armes ou d'épices. En aucune façon, il ne s'agit de ça. Néanmoins  je ne peux rien te dire, je ne veux absolument pas te mêler à ça..."

            Ces mots tourmentèrent Dreic. " Mon père était menacé, c'est plus que probable. Prévoyant comme il était, il a du penser à toutes les options, même les plus sombres" estima-t-il sinistrement. Le message continua.

- " J'ai tellement de choses à te dire... Je prie de m'être trompé sur cette situation et je souhaite de tout cœur que cet holo soit une précaution de trop. Excuse moi de te révéler cela de cette façon... C'est au sujet de ta mère."

            Le paternel de Dreic s'arrêta encore, tentant de rassembler ses idées.

- " J'ai altéré la réalité en ce qui la concerne. J'attendais le bon moment pour t'en parler, cependant je crains de ne jamais pouvoir le trouver. Alors voilà, je l'ai bel et bien rencontrée au tout début de la Guerre des Clones. Ce n'était pas une refugiée, mais elle faisait partie de l'armée de la République. Nos carrières arpentaient des chemins opposés : moi en tant que capitaine de vaisseau, elle, en étant sur le terrain. Nous pouvions être affectés aux quatre coins de la galaxie à chaque instant. Malgré tout cela, nous nous sommes aimés très vite, très fort et le peu de répit que nous offrait la guerre, nous le passions tous les deux. C'est d'un de ces beaux moments qu'un événement aussi imprévisible  qu'extraordinaire, se produisit, un petit miracle : ta naissance mon fils... Ta mère n'est pas morte en couche, mais elle a décidé de partir dans les derniers jours précédant la fin du conflit. Depuis, je ne l'ai plus revue. Ne la juge pas trop durement s'il te plait, elle avait beaucoup de responsabilités et sa vie prenait un tournant  qui l'obligeait à nous quitter. Dans une époque ténébreuse, on est parfois contraint de faire des choix ténébreux... Tu connais la suite, après la fin de la guerre, je me suis débrouillé pour démissionner et m'occuper le mieux possible de toi. "

            Dreic fut sous le choc suite à cette révélation. D'instinct il éprouva une vive rancœur envers sa mère qui les avait abandonnés. Il se demanda dans la foulée, les raisons d'une telle conduite tandis que Tiden-Ven sortait du champ de l'holo. Il revint quelques secondes plus tard en ayant la mallette dans les mains. Dreic se recentra sur le message, il aurait tout le temps de conjecturer après. En cet instant, il se sentait désireux da savoir quelle autre révélation l'attendait.  

- " Je ne sais pas trop jusqu'où vont aller mes affaires, mais si d'une manière ou d'une autre tu as des ennuis, n'hésite pas à mentir et à faire tout ce qu'il faudra pour ne pas avoir de souci. Néanmoins à l'académie tu devrais être tranquille. Je sais aussi que salir mon nom ou ma mémoire te répugnera et pour autant, je ne veux pas que tu te tracasses avec ça. Je connais tes valeurs, ta droiture, ton intelligence, ta magnanimité, pourtant tu comprendras que parfois quelques mensonges sont plus bénéfiques que des vérités trop brutales. Même si ton esprit critique se développe, tu as une vision du monde encore bien trop manichéenne. Quand tu grandiras et que tu auras sillonné des secteurs entiers, tu verras nombre de choses d'un œil différent. J'en suis persuadé, tu es mon fils, les banthas n'ont jamais fait des rats-womp."

            Tiden-Ven leva son bras pour mettre en évidence la mallette qu'il était allé chercher.

- " Je t'ai légué tout ce que j'avais. Et tout ce que j'avais est là dedans. Tu y trouveras beaucoup de choses appartenant à ton passé et à l'histoire de notre famille. Il y a également une jolie somme en liquide, mais surtout il y a ceci  - Il plongea sa main dans la valise et en sortit un objet rectangulaire - . Cette datacarte cryptée contient les coordonnées d'une planète et d'un lieu bien précis. A cet endroit, tu découvriras mon secret le mieux gardé. Il s'agit d'un trésor qui peut te rapporter des dizaines de millions de crédits ! C'est mon cadeau, pour que tu puisses vivre une vie que tu auras choisis. Toutefois, je dois te mettre en garde : ne parle à personne de cela. Pour une poignée de crédits la moitié de la galaxie serait prête à tuer père et mère, alors imagine pour des millions ! Enfin mon vaisseau devrait logiquement te revenir. Il est robuste et son équipage est de qualité."

            Le géniteur de Dreic marqua une pause et reprit son visage davantage muré dans une  expression glaciale.

- "Méfie toi de l'argent. Il pourra t'offrir le pouvoir sur les personnes, sur les biens matériels, sur les corporations, sur les gouvernements, sur quasiment tout. Mais il peut te faire tourner la tête et t'éloigner de qui tu es. Il est le pire ennemi des hommes car il les confronte à leurs propres vices. Beaucoup succombent à la tentation de devenir un seigneur de guerre, un gouverneur d'une planète, un chef mafieux. A l'inverse quelqu'un de fort face à ses propres faiblesses, quelqu'un de bon et de réfléchi, peut accomplir de grandes choses avec ce pouvoir.                                                                                           Nous vivons dans un univers sombre et meurtrier. Pour cette raison, mon souhait le plus cher est que tu trouves un coin lointain et pacifique, que tu y mènes une vie paisible, que tu y fondes une famille et que tu passes ton temps avec elle. L'argent pourra te consentir la sérénité, attirer la sympathie de ton refuge et y développer la prospérité jusqu'a créer une parenthèse dorée. Je veux que tu profites de la vie, que tu fuis les soucis comme la peste, que tu quittes pour toujours l'Empire. Prends garde à cette tyrannie travestie en démocratie éculée. Ne crois pas à leurs publicités propagandistes, à leurs holofilms, à leur justice, ne te laisse pas endoctriner et fie toi à ton instinct, à ton jugement... A l'écoute de ces mots tu dois alors te demander pourquoi tu as fait tes études dans des établissements impériaux. La réponse est simple, j'ai fait ce choix par nécessité et non pas, par conviction. Grâce à leurs structures, tu as énormément appris et tu es devenu un sacré pilote. Finis l'académie et à la première occasion prends tes jambes à ton cou et va chercher ton héritage. "

            Tiden-Ven stoppa son monologue et son regard chercha quelque chose derrière l'enregistreur.

-" Mes obligations m'appellent ailleurs, je regrette de ne pas pouvoir détailler toutes ces choses plus longuement, il m'aurait fallu une semaine entière pour te narrer les tenants et les aboutissants de tout cela. J'espère encore qu'un jour je pourrais le faire. Si je peux te prodiguer un dernier conseil, je te dirai que le bien le plus précieux, celui qui a encore plus de valeur que l'argent, c'est la confiance. Dispense là à un minimum de personnes que tu auras soigneusement choisi."

            Le sourire nostalgique brisa la dureté des traits de Tiden-Ven.

- " Voilà, on y est, je dois te dire au revoir, tu es, et tu resteras ma plus grande joie et ma plus grande fierté, mon plus beau combat. Te voir grandir a été la meilleure motivation pour rendre cette galaxie moins détestable, je te le répète je veux te voir heureux et épanoui... Adieu mon fils je t'aime. "

             L'image bleutée tridimensionnelle s'effaça. Le message était fini. Perdu, confus et attristé, Dreic avait du mal à mettre de l'ordre dans ses idées, dans son cœur et dans son esprit. Les révélations de son père avaient la puissance d'une flotte de croiseurs de combat. Pourtant au fond de lui, quelque chose s'était réveillé, comme un moteur flambant neuf, ronronnant pour la première fois. Il sentit, venant des tréfonds de son être, une détermination étrange et implacable. En dépit du tourbillon provoqué par le message, Dreic sut, comme une évidence, du tournant que devait prendre sa vie.  

 

Tiden Ven Lobora Hologramme SWV

 

 

 

02 février 2014

Cinquième chapitre, première partie.

CHAPITRE V

 

            Dans le sillage d'une impressionnante géante gazeuse aux couleurs chocolatées, raturée de blanc cassé et constellée de tâches orangées, une escarmouche spatiale faisait rage. Deux corvettes corelliennes luttaient face à un croiseur de patrouille impérial de classe Tartan. Les trois bâtiments de guerre se ressemblaient, avec leurs structures longilignes et leurs poupes échancrées abritant leurs moteurs. Le combat était serré. Le Tartan avait un tonnage deux fois supérieur et une meilleure résistance que les corvettes, celles-ci équilibraient les débats en combinant leurs puissances de feu

            A quelques centaines klicks de là, un convoi composé d'une demi douzaine de cargos prenait la tangente, aussi prestement que possible afin d'échapper à la gravité de la géante gazeuse qui les empêchaient d'enclencher l'hyperdrive et de se dérober à la justice de l'Empire.

            Parqués entre les grands vaisseaux et les transports, les derniers Tie de l'escadrille gris ferraillaient dur avec des chasseurs Arc-170. Ces modèles vieillissants avaient fait leurs armes durant la fin de la Guerre des Clones, notamment lors de la bataille de Coruscant.

            En plein cœur de l'affrontement, Dreic pilotait avec hargne et détermination son appareil. Il avait déjà descendu trois ennemis. Il surveillait ses instruments scrupuleusement, tout en observant le morceau d'espace que lui offrait sa verrière en transpacier. Subitement, il donna un coup sec sur ses manches à balai, lui permettant d'éviter les multiples flèches d'énergie rouge, qui frôlèrent son cockpit. Il était talonné de près et harcelé d'un feu nourri. Un seul coup au but suffisait à le mettre hors jeu.

            Exaspéré d'être la "proie", il diminua rapidement son allure afin de réduire la distance et l'angle de tir des canons situés aux extrémités des deux ailes de l'Arc qui le chassait. Tout en le mitraillant copieusement, l'adversaire imita Lobora pour recouvrer une position adéquate et en finir. Brutalement, Dreic inversa la poussée de ses moteurs. Il ressentit un poids énorme s'écraser sur sa poitrine, comme si un reek lui roulait dessus. Il ignora la douleur éphémère. L'Arc-170 le dépassa en trombe, complètement surprit par la manœuvre et en un éclair, le cadet ajusta la trajectoire de son Tie. Son rival de circonstance apparut une poignée de millisecondes dans le réticule de visée. Lobora  appuya sur la détente, et cribla de lasers émeraude l'Arc qui explosa violemment. Sans aucune exubérance, il consulta son écran tactique, il restait quatre Tie et aucun chasseur ennemi.

             Le Tartan semblait accuser le coup, acculé par les deux navires de conceptions corelliennes qui s'étaient mis parallèles, encadrant le croiseur au niveau de la proue et de la poupe, bornant tout mouvement.

            Dreic activa son intercom.

-  Contrôle, ici gris 5, je m'attaque aux transports ou je viens vous aider contre ses corvettes ?

- Négatif ! Priorité au convoi !

- Gris 9, on se rassemble et on y va ? proposa Dreic

- Affirmatif 5, mais restez à votre place, je suis la dernière chef d'un vol, et par conséquence j'ai le commandement des derniers gris. C'est moi qui donne les ordres, ne l'oubliez pas ! fit la voix sèche de Jana à travers le micro.

- Bien reçu !

-  Gris 2, 5,et 11, en formation ! ordonna la chef du vol 3.

            Les chasseurs Tie se mirent "en couple" et fondirent sur leurs cibles vulnérables. Il y avait deux barges spatiales W-23 StarHauler, trois cargos Gallofree GR-75, et un ravitailleur corellien RT 2000.  Leurs inoffensives et disparates ripostes furent leurs chants du cygne. Les appareils impériaux s'en donnèrent à cœur joie, déversant leur pluie mortelle. En quelques passes le convoi fut transformé en cimetière flottant. Les carcasses et les débris de vaisseaux en feu, épuisant leurs dernières poches d'oxygène, dérivaient lentement vers la géante gazeuse, dans une corolle de fumée.

            Les quatre appareils impériaux rejoignirent le Tartan qui ferraillait dur. Quelques secondes plus tard, tout devint noir. Le simulateur s'ouvrit et les gris restants en sortirent. Ils rejoignirent les autres pilotes pour connaitre leurs scores. Selon toute vraisemblance, ils avaient réussi la simulation. 

            Dreic obtint le meilleur résultat de son escadron, mais personne ne vint le féliciter. Depuis son interrogatoire par l'agent de la BSI, il était mis à l'écart du groupe. Tous évitaient du mieux possible de lui adresser la parole, comme si, venir lui parler représentait une ombre pour leur carrière. Lobora sentit une main se poser sur son épaule. Il se retourna et vu le visage d'Evik souriant.

- Grosse session et beau pilotage ! Tu reviens en grande forme ! Heureusement  que tu avais la main chaude, sans toi, je ne suis pas sûr du succès de la simu, s'exclama-t-il assez fort pour être entendu par les autres cadets.

- Merci, c'est sympa. Je vais mieux et j'ai envie de casser la baraque !

            Evik lui fit un clin d'œil.

- J'ai vu ça ! Avec des performances comme celle-là, tu es quasiment sûr d'être sélectionné pour les Jeux.

- Oui, toi aussi, tu es le plus régulier et tu dois avoir la meilleure moyenne sur l'ensemble des simulations ! On y sera ensemble je pense. 

- Il me tarde d'y être ! On va montrer à toute la galaxie qui sont les nouveaux as ! s'écria t-il en se frottant les mains, et en affichant un air présomptueux.

            Dreic tempéra son enthousiasme.

- Il faut avoir aussi de bons coéquipiers ...

            Evik se rapprocha et mit sa main devant sa bouche pour chuchoter.

- C'est clair ! mais avec toi, Jana, et Jeo, on ferait un quatuor de choc. D'ailleurs, hormis nous quatre, niveau talent, c'est le désert de Tatooine chez les gris.   

- Tu penses à qui d'autres pour compléter l'escadrille qui ira aux Jeux?

- Je connais deux bons pilotes chez les rouges, mais piètres joueurs de sabacc. Sinon, j'ai entendu dire qu'il y avait quelques mecs doué chez les noirs et chez les bleus. Dans l'escadrille jaune, il n'y a personne, si ce n'est deux filles, pas terrible dans un cockpit, mais elles sont sacrément bien foutues ! dit-il d'un air rêveur.

- C'est déjà ça, renchérit Dreic.

            Une annonce résonna dans le haut-parleur : débriefing dans trente minutes.

            Le lieutenant Dajen fut globalement satisfait de la simulation. En outre il signala que Dreic avait battu le record de points de ce scénario. Il ajouta à son sujet, qu'il serait réintégré pour le prochain exercice en vol réel, grâce à ses notes redevenues excellentes.

            A l'annonce de cette nouvelle Dreic se décrispa et ne put contenir un sourire discret, mais au fond de lui, il exulta. La condition sine qua none pour son évasion venait de lui être accordée.

            Une dizaine de jour s'était écoulée, depuis la visite de Rahm Kota et celle de la première lecture du holo testamentaire. Dès la fin du message, il était habité par une conviction : son père avait été assassiné. Comment pouvait-il en être autrement ? Un accident de speeder, alors que Tiden-ven était un héros de guerre ayant un nombre infini de kilomètres à bord d'appareils de tout genre ? Improbable ! Il avait, en outre, organisé son héritage, prévenu Kota et ne lui avait sciemment rien dit lors de sa dernière visite.Trop de coïncidences convergeaient vers la même conclusion. Il n'y avait pas de place pour le doute dans l'esprit de Dreic.

            Cela entraina en lui, une décision aussi naturelle que de boire, manger ou dormir : il devait venger son père, punir ses meurtriers, prouver son innocence et laver son nom des accusations de l'Empire. Néanmoins pour rendre la justice, il devait partir de l'académie. Or, cela était tout simplement impossible et de surcroît strictement interdit, particulièrement avec les mesures de surveillances dont il faisait l'objet.

            A partir de cet axiome, il avait élaboré un plan qui lui permettrait de s'enfuir. La première étape consistait à retrouver son meilleur niveau. Pour y arriver, Dreic avait englouti les séances de travail, que ce soit sur les cours théoriques, ou dans un simulateur. La perspective de retrouver et de châtier les coupables, alliée à sa volonté et à sa soif naturelle d'apprendre, lui avait permis de passer un maximum de temps à s'entrainer. Parfois il se surprenait lui-même quant à la masse de travail qu'il pouvait effectuer.

            Ensuite, il espérait que sa suspension sur les vols réels prendrait fin grâce à ses bonnes prestations.

            Le dernier acte, le plus ambitieux, consistait à simuler un crash à bord de son chasseur Tie, s'échapper et rejoindre Pod  avec la mallette dans le secteur AZX-26, non loin du spatioport de Curamelle. De là, soit il s'infiltrerait dans le premier cargo venu, soit il soudoierait un équipage, pour quitter Corulag.

            Dreic était confiant au sujet de son droïde. Sous ses directives, il avait craqué facilement les quelques codes et autorisations nécessaires pour qu'un robot de son type puisse circuler et partir librement de l'académie.

            Cependant, il restait encore une dernière pièce à placer sur le damier du Dejarik : l'aide d'Evik. Lobora ne pouvait pas réussir sans son concours.          

            Lors des exercices de vol, il était très rare qu'un pilote se retrouve seul, ne serait-ce que quelques secondes, d'autant plus que les contraintes imposées par le BSI l'obligeaient à avoir constamment un chaperon. Si le cadet Oumar se portait volontaire pour être son binôme, il pourrait le couvrir et attester du pseudo-accident. Dreic était confiant, avec l'aide de son ami, la dernière étape vers sa quête de justice serait à portée de main.

star wars vendetta convoi de cargos détruit

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09 février 2014

Chapitre Cinq, deuxième partie

           

            Le soir même, tandis qu'ils allaient se coucher, Lobora s'assit sur le lit d'Evik qui était déjà allongé.

- J'ai besoin de te parler, fit-il d'un air sérieux et préoccupé.

- Ca ne va pas ? Tu penses encore à ton père ?

-  En quelque sorte... J'ai appris récemment, de source sûre, des choses graves, des choses qui remettent tout en question...

            Son camarade de chambrée afficha une moue intriguée.

- De quoi parles-tu ? Ne tournes pas autour du pot et dis moi franchement ce qui te trotte dans la tête.

- Mon père n'est pas mort à cause d'une défaillance de speeder, il a été assassiné. Ne me demandes pas comment je le sais, mais j'en suis certain.

            Son ami surpris, se figea. Il déglutit et questionna:

- Qu'est ce qui te fait dire ça ? Ce n'est pas anodin d'affirmer ce genre de truc !

- Je peux pas te le dire, mais c'est une somme de détails qui font que la version accidentelle ne tient pas la route !

- Pourquoi tu n'en parles pas au BSI ? ou à un bureau compétent ? Ils pourraient enquêter.

 - Il y a déjà eu une enquête sur Corellia, enfin... un constat plutôt. Le collaborateur de mon père me l'a dit. Et puis le BSI pense qu'il est un terroriste, alors tu te doutes bien qu'ils se moquent de savoir comment il a été tué.

- Arrête, ils ne s'en foutent pas. Je l'avoue, ils ont été durs avec toi, mais ils font respecter la loi, ils essaient simplement de faire leur job. Après, peut-être qu'ils ont été bernés ou induit en erreur, par des pirates, ou des rebelles, et que ton père a servi de bouc-émissaire. J'ai vu des reportages sur les techniques de ce genre de groupuscules. On montrait comment ils parvenaient à retourner une personne contre son propre camp, contre ses propres intérêts. Tous ces groupes, révolutionnaires, rebelles, séparatistes font de la propagande avec des mensonges éhontés, et ils endoctrinent le plus de gens possible. C'est ignoble ! On a la paix, et ils veulent la guerre ! conclut-il avec conviction.

            Dreic hésita un instant, comme si le doute avait fissuré ses certitudes.

- Peut-être que ton père a été manipulé, utilisé, ou tué par un de ces fous d'activistes, continua Evik. Et peut-être que tu devrais soumettre cette idée au BSI. Cela pourrait faire évoluer l'opinion qu'ils ont sur ton père et enlever tes mesures de surveillance.

            A ces mots, Lobora repensa à la visite de l'énigmatique Kota, et au message de son paternel, notamment le passage ou il lui préconisait de fuir le régime impérial. "Peut-être que mon père a été trompé, mais au bout du compte cela ne change rien" jugea-t-il en son for intérieur.

- Ce sont des suppositions et même si elles sont fondées, je dois vérifier par moi-même, faire la lumière sur ce drame qui touche ma famille, si petite soit-elle. Tu comprends ?

- Bien sur... Mais qu'entends-tu par "vérifier par toi-même" ?

- J'ai besoin de toi. Tu es prêt à prendre un risque pour moi ?

- Tu m'inquiètes vraiment là, Dreic !

-  Ecoute, lors du prochain exercice de Tie en vol réel, j'aurai besoin que tu me couvres. Je simulerai une avarie, je quitterai la formation en catastrophe, et j'irai me "crasher" quelque part dans les Monts Colorés. Il faudrait que tu me suives et que tu accrédites la thèse d'un accident... Je sais que ça fait beaucoup, mais j'ai besoin de toi, tu es mon seul ami, l'unique personne en qui j'ai confiance.

            Evik resta bouche bée. Il était complètement pris au dépourvu par cette requête si audacieuse et si choquante.

- Euh.. je ne sais pas.... balbutia-t-il. Puis il recouvra ses esprits. Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? C'est à la limite de la trahison si je t'aide ! Et tout ça pour une simple intuition ? Une certitude basée sur je ne sais quelle preuve ? Renonce à cette folie Dreic, je t'en prie...  exhorta-t-il.

- Non ! Ce n'est pas de la folie que de vouloir innocenter son père et punir les responsables !

- Laisse faire les gens qui sont compétent pour ce type d'affaire, c'est presque la quille ici ! On a une super carte à jouer lors des Jeux Académiques ! On pourrait avoir de super affectations. Tu as du talent pour piloter, ne gâche pas tout.

- Tu crois encore en la justice impériale ? En ce qui me concerne, ma foi envers le système est largement ébranlée. Regarde, je suis fliqué, épié sur de simples suppositions, et encore cela aurait pu être pire si je n'avais pas eu le soutien de Dajen... dit-il durement

            La tension entre les deux amis était palpable. Leur désaccord les avait murés dans un long silence. Lobora finit par le briser.

- M'aideras-tu ? interrogea Dreic d'une voix qu'il essaya de radoucir.

- Laisse-moi prendre le temps d'y réfléchir, je te dirai ma réponse dès que j'en aurai trouvé une.

- Merci...

            En se relevant Dreic posa une main sur l’épaule d’Evik.

- Pardonne-moi de te demander ça, mais je dois le faire, pour mon père, pour mon nom, et tu es le seul qui puisse m’y aider… Bonne nuit mon ami.

- Bonne nuit à toi aussi. 

             L'orphelin s'endormit avec l'espoir de venger son père et de réduire à néant les meurtriers.

***

            Ce matin là, Dreic enfila sa combinaison noire de pilote de Tie. Cette fois-ci, il installa les systèmes de survie compactés dans un boitier noir fixé sur le plastron de sa tenue. Il était prêt à mettre son plan en action. La veille, Evik lui avait donné sa parole qu'il l'aiderait. Son accord concluait une période de tension entre les deux amis.

            Il jeta un œil à Pod. Il était debout, désactivé, collé au mur, à la même place depuis son arrivée à l'académie, tel une antique pièce de musée. Le droïde avait reçu ses dernières instructions pour l'évasion.

            Le casque sous le bras, le cadet sortit du dortoir d'un pas rapide vers le hangar principal. Les deux commandos, qu'il avait surnommés les parasites, le suivaient de près, comme à leur habitude. Il arriva dans la baie de décollage à vingt-cinq mètres du sol, via un long portique d'embarquement. Ne disposant pas de train d'atterrissage, les chasseurs impériaux étaient accrochés au plafond par des rampes de lancement. Un frisson lui parcourut l'échine lorsqu'il avança vers son appareil. Quatre stormtroopers, le lieutenant Dajen, et l'officier Ledrie campaient devant l'échelle qui donnait sur l'écoutille d'accès au cockpit.

            Dreic eut un horrible pressentiment. Ne pouvant faire marche arrière car cela trahirait ses intentions, il essaya de se convaincre que cela ne concernait pas son projet. Tandis qu'il avançait vers le groupe d'impériaux, il remarqua que tous les autres membre de l'escadrille étaient casqués et observaient la scène devant leurs écheliers respectifs, à l'instar de témoins muets.

            Avant qu'il n'ait pu dire le moindre mot, l'officier Ledrie proclama:

- Cadet Lobora ! Vous êtes en état d'arrestation ! Vous êtes coupable de tentative de corruption, de tentative de fuite et du non respect de votre mise à l'épreuve.

            L'angoisse et la panique lui noua l'estomac, il recula inconsciemment de quelques pas et bredouilla:

- Mais... c'est faux, je n'ai rien fait !

            Les deux parasites qui chaperonnaient Dreic, interdisaient toute retraite. Ils lui saisirent les bras avec autorité. L'apprenti pilote, devenant en une simple phrase un traitre et un criminel, tenta de se libérer de l'étreinte, en vain. Il chercha du regard Evik, comme pour savoir si c'était bien lui qui l'avait dénoncé, mais tous ses coéquipiers  se ressemblaient en combinaison. Tel des pantins, dénués de pouvoir, immobiles, ils assistèrent à un pastiche de procès dans un silence absolu.

- Je suis innocent ! s'égosilla le jeune accusé.

            Il continua de clamer désespérément son innocence quand un stormtrooper fit un pas en avant et lui expédia un violent coup de crosse dans les viscères. Le son de sa voix mourut, et Dreic s'affaissa sous la douleur. Il était à genoux, les deux mains sur le ventre, cherchant à reprendre son souffle.

- Arg... laissez..., laissez moi tranquille ! cracha-t-il.

            Lobora tenta de rassembler ses forces. L'humiliation, la trahison et la douleur lui donnèrent des idées de révolte. Il décida de réagir. Une force montait en lui, au fur et à mesure qu'il se remettait du choc dans ses boyaux. Il redressa la tête et il dévisagea avec rage l'officier du BSI. Il serra son poing pour armer un crochet du droit. Alors qu'il allait se ruer vers Ledrie, un nouveau coup de massue s'abattit sur sa tempe gauche. En un instant, il s'écroula sur la passerelle métallique à l'image d'une poupée désarticulée. Les yeux livides, il se sentait bizarre, comme déconnecté de son environnement. Sans énergie, il se laissa happer par le néant, jusqu'a y sombrer entièrement. 

Posté par Darkantus à 21:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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