CHAPITRE II

Corulag, la planète pro-impériale était un monde du Noyau situé sur la Route Commerciale de Perlemienne, dans le système Corulus. Sa capitale, Curamelle, abritait à sa lisière, l'imposante académie impériale formant de nombreux soldats pour la gloire de l'Empire.

           Vue du ciel, elle ressemblait à une croix formée de quatre rectangles et d'un cercle en son centre. Vue du sol, l'académie érigeait quatre immeubles hauts et massifs, chacun construit dans une direction cardinale, avec au centre une tour effilée de forme conique s'élevant gracieusement dans l'azur, contrastant avec l'architecture lourde et pataude des quatre buildings.

          C'est au cœur de l'un d'eux, dans une salle circulaire aux murs noirs, dénuée de décoration, que le cockpit de simulation s'ouvrit avec un léger chuin-tement. Dreic se leva de son siège et enleva son casque d'un jais reluisant pour le mettre sous le bras.

- Tu as eu le cargo ? lança une voix sur sa droite.

            Dreic tourna la tête vers son interlocuteur, un jeune homme de bonne taille, portant comme lui la tenue noire de pilote de Tie. Il s'agissait d'Evik. Il avait également enlevé son casque, révélant son visage allongé, au nez quelque peu aquilin, avec des yeux bleus, habités par un regard déterminé. Tout comme Dreic, il avait les cheveux bruns, rasés courts, selon les canons en vigueur à l'académie.

- Je ne crois pas, mon écran s'est éteint juste avant que je percute le Diamant.

-  "Que tu percutes?" reprit ironiquement Evik.

-  Oui, un Z-95 m'a arraché un panneau solaire !

- Ah, alors je crois que nous avons échoué la simu ...  Allons retrouver le reste de l'escadrille.

            Dreic et son ami sortirent de la salle remplie de simulateurs, pour rejoindre leurs camarades dans le vestibule où les scores de chacun étaient affichés sur des terminaux.

            Une heure standard plus tard, l'escadrille gris s'était réuni dans un petit hémicycle pour le débriefing du scénario "Poussière de Diamant" auquel ils avaient pris part.

 

            Debout sur l'estrade, les mains dans le dos, le lieutenant Dajen, impeccable dans son uniforme kaki, attendait le calme absolu pour prendre la parole. Il était le responsable de la moitié des pilotes - soit une bonne soixantaine - en dernière année de formation. Son visage dur, ridé, à l'expression sévère, ainsi que son évidente expérience, donnaient l'impression qu'il avait passé une grande partie de sa vie au service de l'armée. Beaucoup se demandaient s'il avait fait la Guerre des Clones, mais l'hypothèse était plus que crédible.

            Il incarnait le respect, l'ordre et la hiérarchie impériale. Il transmettait son savoir méthodiquement, rigoureusement et sans faire de zèle, traitant tous les pilotes, des meilleurs au plus mauvais avec la même exigence et la même fermeté. Dreic appréciait sa façon de faire, car il savait que tous les instructeurs de l'académie n'avaient pas la même intégrité et nombre d'entre eux essayaient de tirer profit de leur influence sur les cadets. Dajen ras-semblait les valeurs de l'Empire, les meilleures.

            Le lieutenant commença le débriefing en expliquant les objectifs de la simulation et précisa, entre autre, le niveau de difficulté. Evik, assis à coté de Dreic lui flanqua un léger coup de coude dans les côtes pour attirer son attention. 

- Tu nous dois deux cents crédits, chuchota-il

-  Ca va, ça va... soupira Lobora, en esquissant un petit sourire narquois du coin des lèvres.

            A la fin de l'exercice dans les simulateurs, tous les gris avaient parié sur le degré de difficulté de la mission. L'échelle allait de un à six. Dreic avait misé sur le niveau quatre, Evik sur le niveau cinq. Ce dernier et six autres pilotes allaient rafler les crédits.

            Les mains dans le dos, arpentant l'estrade, Dajen aborda l'attitude des apprentis-pilotes.

- Cadets, au vu de vos piètres prestations, je me vois contraint de vous renvoyer aux bases de votre for-mation.

            Il stoppa sa marche et impassible, balaya lentement du regard les visages de son auditoire. Le ton était donné.

-  Vos instruments et vos détecteurs sont les premiers alliés que vous avez au milieu d’une bataille. Avant toute autre chose, vous ne devez compter que sur vous-même et vos senseurs qui sont une prolongation indispensable de votre instinct, lâcha Dajen. Chaque erreur, si minime soit-elle, peut faire échouer une mission. L’Empire ne peut  autoriser ces échecs et je ne peux me permettre de lui fournir des pilotes incapables de maintenir leur concentration et leur patience au cœur de la bataille, comme dans les moments d’attentes et de routines.

            Dreic se sentit visé et évita soigneusement le regard du lieutenant. Celui-ci continua son laïus.

-  Pareillement, vous n’êtes pas sans savoir, du moins je l’espère, que les chasseurs dont vous êtes aux commandes ont été conçus pour voler en escadrons et non pas pour effectuer quelconques échappées héroïques. Nous ne voulons pas de héros mais des soldats dévoués et prêts à mourir. Les Tie sont plus forts et efficaces en étant obéissants, coordonnés et prompts face à l’imprévisible.

            Il marqua une pause, observa l'expression des pilotes en gardant le silence, pour que ses propos aient le temps d'être bien assimilés par l'assistance. Puis, Dajen débriefa la simulation elle-même.

- Le choix de la M1 était correct..., jusqu'à ce que les chasseurs ennemis n'interviennent, jugea-il sèche-ment.

            Il actionna un bouton sur le pupitre de l'estrade et une reconstitution holographique de la bataille apparut entre le lieutenant et les gradins.

- Un tiers de l'escadrille n'a même pas endommagé le cargo. Vous avez pensé qu'affronter les Z-95 était la meilleure option ? Vous avez pensé que vous étiez des as ? Vous avez pensé que vos vies étaient plus importantes que la mission ? demanda-t-il d'un ton rhétorique. Avec cet état d'esprit, votre stratégie était vouée à l'échec, gronda t-il.

            Après un silence, il reprit son analyse, l'air toujours aussi sévère.

- La vie d'un pilote de Tie ne compte pas quand il sert l'intérêt de l'Empire. Toutes les missions que l'on vous confiera, une fois sorti diplômé de cette académie, seront bien plus importantes que vous ou que votre chasseur et ce, même si vous ne saisissez pas l'importance de ce que l'on vous demande. Capturer un cargo, arraisonner des contrebandiers, éliminer des pirates, des rebelles, des terroristes, protéger des bombardiers Tie etc. Tout cela fera partie de votre quotidien et n'essayez pas de comprendre le pourquoi du comment ! Vous n'êtes pas là pour ça ! Vous êtes ici pour obéir aux ordres ! N'oubliez jamais, votre vie, votre appareil est rem-plaçable, pas la mission dont vous avez la responsabilité !

            Dajen suspendit sa tirade, fit quelques pas en fusillant du regard l'escadrille gris. Il reprit.

-  La stratégie qu'il fallait adopter était de continuer la M1 ou d'appliquer celle de la "Meute de Loup". Le mitraillage d'une escadrille de Tie sur les points clés du cargo aurait largement suffi à immobiliser le transport. J'attire votre attention sur l'attitude passive et artificielle du cargo. Ce dernier, hormis les canons laser rajoutés, n'avait aucune modification et n'a manifesté aucune intelligence particulière. En d'autres termes, en condition réelle, ce genre de vaisseau a nombres d'améliorations aussi bien offensives que défensives ! En outre, un équipage, un tant soit peu sensé, aurait privilégié les trois quarts du temps la fuite, en affectant toute la puissance aux moteurs. Bref, cette simulation est un échec collectif cuisant. La seule note positive est les actions et les choix individuels de certains d'entre vous, je pense à Haldeman, Pomrant, Oumar, et Lobora. Pourtant, vous vous êtes tous fait abattre !

            Le lieutenant termina sa sentence.

-  Vous avez quelque chose à ajouter ?

            Après un petit moment, l'enseigne Haldeman leva la main à la surprise générale. Dajen fut étonné, son expression impassible fut trahie par un léger haussement de sourcils. Il lui donna la parole.

-  Monsieur, puis-je justifier mon choix tactique ?

- Allez-y, répondit-il en croisant ses bras sur la poitrine.

- J'ai pensé qu'éliminer ou du moins distraire les Headhunter permettrait au vol deux d'achever la mission. A aucun moment, les pilotes et moi n'avions pensé à nos propres intérêts, conclut-il d'une voie mal assurée.

- C'est noté, lâcha Dajen. Son regard s'aiguisa et un léger sourire de satisfaction traversa son visage. Vous êtes alors d'une naïveté et d'une stupidité sans borne! Croyez-vous un seul instant que votre ennemi va tranquillement laisser quelques chasseurs faire leur besogne s'ils représentent une menace ?

            L'enseigne déglutit et du bout des lèvres sortit un "non, monsieur".

- Votre manque de jugement me donne matière à réflexion quant à votre rôle de leader dans cette esca-drille, conclut-il.

            Il venait de mettre hors-jeu Jeo devant tous les autres cadets, car celui-ci avait osé discuter de la stratégie avec le lieutenant. Même si se justifier pa-raissait louable, c'était aussi inutile que de vouloir endommager un destroyer stellaire avec un blaster.

            Le débriefing continua. Dajen passa en revue les performances de chaque pilote, le planning des jours à venir, puis termina par le couplet idéologique et endoctrinant impérial. L'instructeur expliquait toujours qu'être au service de l'Empire était le plus grand de tous les honneurs, qui plus est lorsqu'on intègre la flotte. En dépit du respect que Dreic éprouvait envers Dajen, ce genre de discours préfabriqué l'irritait. Cependant, il ne pouvait guère partager son avis sur la question. En effet, la grande majorité des cadets buvait ce genre de "blabla" chauviniste. Son scepticisme s'étendait à tous les reportages, nouvelles, discours et campagnes publicitaires pro-impériaux. Il essayait de cultiver un esprit critique, ou du moins, admettre que l'essentiel des informations transmises sur les chaines de l'Holonet étaient biaisées et tronquées.

           Cette volonté de remettre en cause les choses, d'accepter puis de combattre l'ignorance par le savoir, il la tenait de son père Tiden-Ven. Ce dernier faisait tout son possible pour que son fils développe sa propre réflexion objective et éclairée.

            Le speech du lieutenant avait conduit Dreic à penser à son père. Ce dernier lui manquait. Il ne le voyait pas beaucoup car le règlement de l'académie était on ne peut plus clair et strict. Un jour de permission toutes les six semaines standard. Ce jour, depuis maintenant deux ans et demi, il le consacrait entièrement à son père.

            Il était sa seule famille. Ils avaient coutume de se retrouver tous les deux dans leur appartement à Curamelle, en mettant à profit chaque seconde. Dreic lui racontait ses journées, ses progrès en astrophysique, mécanique, robotique et surtout en pilotage. En échange, Tiden-Ven lui narrait ses voyages aux quatre coins de la galaxie et les ren-contres parfois pittoresques et rocambolesques qu'il vivait grâce à son travail de marchand. A de rares occasions il partageait ses souvenirs de capitaine de frégate médicale au cours de la Guerre des Clones.

            "Encore deux semaines à attendre" songea Dreic.

            Il n'avait pas remarqué que le débriefing était terminé, et tandis que les étudiants sortaient du petit amphithéâtre, Evik l'interpella, l'arrachant de sa songerie.

- Tu viens ? On va manger un bout au "Bon Tireur " ? La moitié des gris y sera.

            Sentant l'hésitation de son ami, Evik ajouta :

- Jana y sera aussi... lança-t-il en décochant un large sourire.

             Lobora ne put réprimer un léger ricanement à cette allusion.

            Jana Pomrant était la seule femme de l'escadrille, mais elle valait sans conteste dix cadets. Elle était l'un des meilleurs éléments de l'escadrille et de toute l'académie à coup sûr. Son visage strict et martial soutenu par un regard déterminé et froid, ne pouvait amoindrir sa beauté, pas plus que le sévère chignon tirant en arrière ses cheveux bruns qui la vieillissait. Légèrement concave, son nez droit et fin, ainsi que sa lèvre inférieure charnue et sensuelle, adoucissaient un haut de bouche un peu trop mince. Elle avait une taille moyenne et la ligne fluette, cependant l'uniforme traditionnel bleu pâle des cadets, ne suffisait pas à cacher ses atouts féminins. Elle n’avait ainsi que dix-sept ans, tout comme Dreic qui venait de les faire, ainsi que la majorité des cadets en dernière année de formation.

            Naturellement, Jana avait une armée de prétendants, mais elle semblait ignorer toutes les demandes et demeurait inaccessible, ce qui la rendait encore plus désirable. Comme beaucoup d'autres, Dreic ne restait pas insensible au charme de Pomrant, mais il ne montrait rien. Il savait qu'il ne se passerait jamais rien. Il en avait déduit qu'elle accordait toute son attention à ses études et à sa future carrière de pilote.

            Une demi-heure plus tard, Jeo Halde-man, Riv Agriel, Jana Pomrant, Walt Trigit, Evik Oumar, et Dreic Lobora étaient attablés et discutaient vivement. Les sujets allaient de la simulation au débriefing en passant par le prochain exercice en vol réel. L'un d'eux entama une conversation sur la fin de l'année, synonyme pour tous ceux qui réussiraient, l'intégration et l'affectation au sein de la flotte. Trigit affirma qu'il avait de bonnes chances de servir à bord du même vaisseau que son père. Agriel déclara se moquer de là où il servirait, car la solde était la même pour tous, enfin les autres expliquèrent qu'ils comp-taient se faire remarquer s'ils étaient sélectionnés aux Jeux Académiques.

             Au cœur de la palabre, Dreic réalisa qu'il ne serait bientôt plus un jeune en formation mais un pilote de Tie auquel incombe des devoirs et des res-ponsabilités. Cela ne lui faisait pas peur, bien au contraire, il avait hâte de montrer ses talents, d'apprendre de nouveaux tours auprès de vieux briscards, de découvrir de nouvelles planètes et leurs populations autochtones, de traquer les hors-la-loi, d'être en somme, le bras de la justice. A la fin de sa carrière, il prendrait sa retraite après ses trente années de service et finirait sa vie avec son père en sillonnant la galaxie. "Ce serait parfait " imagina-t-il.

            Cette projection de son futur, poussa Dreic à dresser un bilan de sa vie. Depuis presque trois ans, il était dans cette académie. Auparavant, il avait passé trois autres années dans une école impériale huppée, d'où il était sorti diplômé avec mention. C'était lors de sa rentrée dans le cursus militaire, vers l'âge de onze ans, qu'il y avait eu cette séparation forcée avec son père. Celui-ci voulait le meilleur pour l'éducation de son fils, au détriment du temps passé ensemble. "Aujourd'hui cela porte ses fruits" songea Dreic. Néanmoins son goût pour les études, notamment la mécanique et la robotique se faisait aux dépens de ses relations avec ses camarades. Hormis Evik qui était son seul véritable ami et confident, il n'avait pas créé de liens avec d'autres pilotes et passait pour être taciturne.

            Le déjeuner se clôtura et tous se dirigèrent vers des salles de cours, où on leur délivra des leçons sur les mathématiques, l'astrophysique et la navi-gation aérienne et spatiale.

            La journée s'acheva et Dreic retourna à sa chambre qu'il partageait avec Evik. Celui-ci préférait souvent passer la soirée à jouer au Sabacc ou à parier sur les courses de Blobs. Lorsqu'il entra dans la pièce, il distingua dans la pénombre une silhouette humanoïde, immobile, debout contre le mur. Il alluma le modeste éclairage du dortoir.

-  Activation, formula Dreic.

            L'ombre aperçue était celle de son droïde. Ses photorécepteurs, l'équivalent des yeux, s'illumi-nèrent. Son carénage argenté se cambra légèrement comme pour reprendre vie. 

- Bonsoir maître, comment allez-vous aujourd'hui ? Votre simulation s'est-elle bien passée ? s'enquit-il de sa voie imperceptiblement synthétisée.

- Salut Pod, oui ça a été, la simu était difficile, niveau cinq et même si j'ai fait un bon score on n'a pas atteint l'objectif fixé. On s'est pris un savon par Dajen en prime, fit Dreic d'un ton las.

- Vous m'en voyez désolé maitre. Souhaitez-vous que j'analyse les données de votre exercice de vol ? Je suis persuadé que vous avez tout de même réussi des prouesses hors normes, s'enthousiasma-t-il.

            Dreic sortit d'une de ses poches un databloc, tapota sur quelques touches et transmit les données.

- Voilà, tu fais comme d'habitude, je veux toutes les infos possibles, trajectoires, vecteurs d'attaques, tactiques de tous les participants, taux de précision, etc.

- Bien maitre, ce sera fait dans les plus brefs délais.

            Tandis que Pod s'affairait à la tache, Dreic s'affala sur son lit. Cela faisait près de douze ans que le droïde archiviste AG9 lui avait été offert par son père. Ce dernier l'avait reprogrammé en droïde précepteur, contenant des millions d'informations sur à peu près tout et n'importe quoi. Il avait enseigné à Dreic les bases des mathématiques, en passant par la biologie, la physique ou la mécanique, ainsi que tout un tas de sciences humaines. En outre, il possédait de nombreuses capacités comme l'analyse d'informations, le piratage informatique, ou un vocabulateur capable d'imiter les voix qu'il entendait.

            Sans trop savoir comment, Lobora était forcé de constater que Pod l'avait accompagné partout, même ici à l'académie. Il en avait déduit, avec le temps, que son père tentait de combler le vide laissé par sa mère, morte à sa naissance. Sur ce plan là, c'était presque une réussite, car il s'était attaché au droïde, malgré ses interminables discussions, ses remarques parfois irritantes et son côté mère poule. Après quelques années, Dreic l'avait baptisé Pot De Colle, nom qui s'était transformé ensuite en un diminutif contracté : Pod.

            Le droïde archiviste acheva l'analyse. Dreic passa le reste de la soirée à étudier les conclusions et à se détendre en bidouillant son chaperon électronique.

            Le lendemain matin, alors qu'il arpentait les monotones corridors gris métalliques en direction de la baie d'envol, son comlink bipa.

-  Cadet Lobora, vous êtes attendu en salle de visite numéro trois. Vous avez trente minutes. Est-ce clair?

- Bien reçu.

            Dreic fut surpris. D'ordinaire les visites étaient interdites. Cette annonce impromptue le perturba. Les jours à l'académie se suivaient et se ressemblaient, aucun imprévu ne venait troubler la routine quotidienne des plannings. Il se demanda qui pouvait venir le voir. Son esprit trouva instinctive-ment la réponse : son père. Il aurait dû être heureux de cette réponse, mais cela ne lui ressemblait pas. En son for intérieur, il eut comme un mauvais pressentiment. Il se hâta en direction de la salle de visite numéro trois.

            Dreic ouvrit la porte de la pièce, au mobilier minimaliste, il n'y avait qu'une table et deux chaises. Un groupe de quatre hommes l'y attendait. L'un d'eux tenait dans sa main un holocom qui s'activa, faisant apparaitre deux petites silhouettes.Il ne reconnut aucun des individus, mais il remarqua une expression de chagrin sur leur faciès. Un des hommes approcha et lui tendit la main.

-  Bonjour Dreic, tu te souviens de moi ? Je m'appelle Xale Peccata...

            Le cadet fouilla dans sa mémoire, des bribes d'images lui revinrent à l'esprit. Le visage aux contours anguleux, le front large, la mâchoire volumineuse et le menton fuyant de son interlocuteur le renvoya dans son passé, avant qu'il ne commence les écoles impériales, avant qu'il ne déménage à Curamelle. Il l'avait déjà vu au Centre Impérial quand il avait moins de dix ans. Il tenta de se rappeler dans quelles circonstances il avait vu cet homme mais ses souvenirs n'allèrent pas plus loin.

- Je me souviens de vous, mais je ne sais plus vraiment qui vous êtes.

- Ce n'est pas grave. Je suis le second de ton père à bord du Vagabond Volant. Les personnes qui m'accompagnent sont l'équipage du vaisseau. Je te présente également Assia et Navok, dit-il en tendant la main, vers l'image tridimensionnelle de l'holocom. Les gardes n'ont pas voulu laisser entrer une twi'lek et un cathar dans l'académie. Néanmoins ils ont tenu à assister à notre rencontre. Et, voici, Darell, Mekhi, et Ryker. Nous avons beaucoup entendu parler de toi, tu sais. Tiden-Ven ne tarissait pas d'éloges.

            Xale continuait à parler, mais le malaise de Dreic s'accentua. Il n'écoutait plus et s'était immergé dans ses pensées. "Pourquoi seul l'équipage vient-il me voir ? Pourquoi mon père n'est-il pas venu lui aussi ? Peut-être a t-il de graves ennuis ? Mais qu'est ce que je peux y faire moi ? Je suis bloqué ici..." Dreic coupa le second de Tiden-Ven et lui demanda :

- Pourquoi mon père n'est pas là ?

            L'expression de Xale redoubla de consternation.

- Je suis navré, il est mort.

 

 

 

 

 

 

Star Wars Vendetta Dreic a l'académie de Corulag