Il en tremblait encore. Ses membres convulsaient encore par soubresaut ici et là. Ses tentatives de trouver le sommeil se soldaient par de courtes siestes chaotiques. Le droïde interrogatoire avait lancé via des aiguilles, des électrochocs sur ses nerfs, le tout, en étant sous un sérum exacerbant la sensibilité. Pourtant, sur son corps, rien ne pouvait témoigner de son épouvantable souffrance, hormis les dizaines de petits points foncés, traces de micro-brulures laissé par son tortionnaire électronique.

            Dreic avait répondu à l'intégralité des questions. Il avait tout révélé. Son désir d'enquêter et de venger la mort de son père, ainsi que son plan pour s'échapper de l'académie. Il avait avoué son dégoût pour la façon dont le BSI l'avait traité et son aversion pour la justice impériale. Il avait admis tous les sous entendus de Ledrie pour abréger les supplices, même les soupçons de terrorisme qui pesait sur son paternel. Malgré sa coopération totale, l'officier de l'Empire l'avait fait terriblement souffrir. Dreic ne comprenait pas, comment un homme pouvait infliger autant de tourment en restant si stoïque.

                Par chance, ou par négligence, Ledrie n'avait fait allusion ni à la visite du mystérieux Kota, ni à la mallette qu'il avait ramenée. Cette dernière devait être encore cachée derrière le bureau de sa cabine, dans un trou percé dans le mur. Dreic avait ensuite refermé et soudé la niche improvisée avec les chutes. "Au moins, mon héritage est toujours en sécurité" songea-t-il, comme pour se raccrocher à la seule chose qu'on ne lui avait pas soutirée. Toutefois, cette pensée eut l'effet inverse et le plongea dans une morne fatalité, " A quoi bon avoir un héritage, puisque je vais croupir dans une putain de prison pour le restant de mes jours ! Ou pire...".

            Dreic sentit sa gorge se nouer et ne put réprimer des larmes. Il ne voulait pas mourir, il ne voulait pas finir comme ça.

            Une pensée en entrainant une autre, la perfidie d'Evik refit surface, "Tout ça, c'est à cause de ce sale fils de hutt!" ragea-t-il. Comme un écho, les paroles de Tiden-Ven résonnèrent dans son esprit :  "...  je te dirai que le bien le plus précieux, celui qui a encore plus de valeur que l'argent, c'est la confiance. Dispense la à un minimum de personnes que tu auras soigneusement choisies". Son regain de colère se transforma en abattement, son père l'avait mis en garde, mais il était resté sourd à ses conseils. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même. Désemparé, Dreic s'allongea en espérant trouver un peu de répit.

            Le petit vantail incrusté dans la cloison situé à coté des "commodités" s'ouvrit. Le repas venait de lui être livré. Dreic ne se jeta pas dessus. Il n'avait pas très faim. Il avait l'impression d'aller un peu mieux, ses nerfs s'étaient calmés, mais des douleurs lancinantes le parcouraient encore de la tête aux pieds et lui coupaient l'appétit. Néanmoins, il alla chercher sa ration, avant que le panneau ne se referme et ne remporte la nourriture. Il inspecta le bac. Il contenait une cuillère, un verre d'eau, et un bol rempli d'une pâtée rougeâtre aux effluves nauséabondes. Il posa son plateau par terre et se rallongea.

            Sans prévenir, un bip déchira le silence morose. Dreic sursauta et se demanda s'il n'avait pas halluciné, mais un second bip retentit. Le bruit venait de l'assiette. Sa curiosité piquée au vif, il commença à tâtonner sa bouillie. Ses doigts endoloris sentirent un petit objet rectangulaire aux contours arrondis. Il le sortit prestement.

- Hein ? marmonna-t-il incrédule, un comlink?

            L'objet de communication bipa de nouveau. Dreic prit l'appel d'une voix hésitante.

- Oui...

- Maître ? Maître est-ce bien vous?

- Pod ! s'exclama-t-il de joie. 

- Ah maître, quel soulagement de vous entendre.

- Mais, comment est ce possible ? Je pensais qu'ils t'avaient éteint, voire détruit...

- Maître Lobora, je suis un droïde plein de ressource, fit-il d'un ton presque jubilatoire.

- Explique-moi s'il te plait.

- Ce serait long à raconter, mais comme vous le souhaitez...

- La version courte me suffira amplement, fit Dreic curieux.

-  Votre père, loué soit ce génie clairvoyant, a installé sur moi quelques circuits et autres programmes dont vous ignorez tout. Vous savez que ma mission principale est de vous protéger. C'est dans ce sens que je peux vous localisez n'importe où dans un rayon de cinq cents kilomètres et qu'une fois toutes les douze heures standard, je dois analyser vos signes vitaux à distance. Cela est possible grâce à une nano-capsule SADS ( surveillance, analyse, détection, santé) de troisième génération implantée dans votre poignet gauche. La capsule m'a envoyé les données alarmantes et a modifié les ordres de mes circuits. Dès lors, j'ai cherché à en apprendre davantage, le plus discrètement possible et à élaborer une solution pour résoudre votre situation délicate. Personne ne se méfie d'un droïde, à plus forte raison, quand il a un bouton d'entrave. Grossière erreur.

            Dreic eut l'impression que Pod gloussait de fierté. Il continua de l'écouter sans dire un mot, intrigué par ce récit rocambolesque.

-A l'aide du SADS je vous ai donc retrouvé, puis je me suis connecté à un terminal pour accéder à votre dossier. J'ai ensuite déniché un comlink et je me suis débrouillé pour qu'il vous parvienne.

             Dreic fut ébahi par ces prouesses. Il sentit l'espoir renaitre au fond de lui. La partie n'était pas encore terminée et son destin avait encore une chance d'échapper à une fin tragique.

- Pod tu es vraiment extraordinaire !

- Merci maître, je reconnais que ma conception est exceptionnelle.

- Tu as dit que tu as vu mon dossier, Tu connais le sort qui m'est réservé ? demanda-t-il en espérant que Ledrie lui avait menti.

- Je regrette de devoir vous l'annoncer, mais la dernière fois que j'ai consulté votre cas, vous étiez condamné à la perpétuité à la prison sur Kessel.

- Tu sais dans combien de temps je serai transféré ?

- Laissez-moi quelques secondes, le temps de chercher cette information.

            Dreic commença à réfléchir à ce qu'il pouvait faire avec Pod, pour échapper à son châtiment.

- Voilà maître, votre transfert est prévu dans trente six heures et cinquante deux minutes, avec le départ du prochain vaisseau pénitentiaire.

- Ca nous laisse un peu de temps pour tenter quelque chose, calcula le cadet. Une dernière chose, quand les soldats sont venus te chercher, tu sais si la mallette était toujours cachée?

- Affirmatif, maître, elle est toujours là où vous l'avez laissée.

-  J'espère qu'elle y est encore... murmura-t-il. Bien nous allons passer en revue tes compétences qui pourront nous être utiles pour une nouvelle évasion... 

 

Officier impérial Ledrie et IT-O Star Wars vendetta